Les députés de la commission du développement (DEVE) du Parlement européen ont adopté à la quasi-unanimité (20 voix pour, 2 contre, 3 abstentions), mercredi 27 janvier dans la soirée, le rapport d'initiative énonçant leur vision pour un partenariat stratégique renforcé entre l'UE et l'Afrique - un partenariat d'égal à égal et axé sur le développement humain, pour relever efficacement les défis communs d'aujourd'hui.
Le vote des très nombreux amendements de compromis augurait de cette issue, à la très grande satisfaction du rapporteur, Chrysoula Zacharopoulou (Renew Europe, française), qui voulait aller au-delà des cinq partenariats proposés en mars par la Commission dans sa stratégie de l'UE avec l'Afrique (transition verte et accès à l'énergie ; transformation numérique ; croissance et emplois durables ; migration et mobilité) pour se concentrer sur l'humain, avec un accent mis sur la reconstruction post-Covid-19 (EUROPE 12645/16).
Deux députés du groupe ID ont voté contre.
Le texte ratisse très large, selon « une approche globale qui pourra créer les conditions d'un partenariat égalitaire favorisant le progrès et le développement durable sur les deux continents », s'est réjoui Carlos Zorrinho, rapporteur fictif pour le groupe S&D.
Pour les députés, le futur partenariat devrait donner la priorité à l'éducation, y compris la formation des enseignants et la réduction du décrochage scolaire, et se concentrer sur l'inclusion des filles. Il devrait également viser à améliorer les soins de santé et à renforcer les systèmes de santé nationaux.
Mais il prône aussi : - un soutien financier et technique à long terme aux pays africains pour stimuler l'adaptation au climat ; - le soutien de l'UE à l'intégration régionale africaine pour contribuer à réduire la dépendance à l'égard des importations étrangères et la création d'une zone de libre-échange continentale ; - la protection des droits sexuels et génésiques dans le partenariat futur ; - davantage d'efforts du FMI et de la Banque mondiale pour alléger la dette africaine ; - un partenariat UE/Afrique sur les migrations et la mobilité qui donne la priorité à la dignité humaine des réfugiés et des migrants ; - un soutien à une agriculture durable.
En outre, les députés insistent sur l'importance de la diplomatie parlementaire et sur le rôle des assemblées parlementaires telles que l'Assemblée parlementaire paritaire ACP/UE et le Parlement panafricain dans le dialogue UE/Afrique. Ils insistent aussi sur le rôle que doit jouer le Parlement européen dans le suivi et la supervision de la mise en œuvre du partenariat futur.
Ce rapport est la contribution de la commission 'développement' du Parlement européen au débat préparatoire au sommet Union européenne/Union africaine, reporté l'an dernier pour cause de Covid-19, mais qui devrait adopter cette année, à une date non encore fixée, une stratégie commune pour un partenariat stratégique renouvelé.
Le Parlement européen se prononcera à son tour lors de sa session plénière de mars. (Aminata Niang)