Pour l’avenir, les députés de la commission 'développement' du Parlement européen veulent un partenariat UE/Afrique d'égal à égal, axé sur le développement humain, pour permettre aux deux continents de relever efficacement les défis communs.
Les amendements et les 59 amendements de compromis qu'ils ont votés, mercredi 27 janvier, au rapport d’initiative de Chrysoula Zacharopoulou (Renew Europe, française) respectent l’esprit de ce rapport qui voulait aller au-delà des cinq partenariats proposés en mars par la Commission dans sa stratégie de l'UE avec l'Afrique (transition verte et accès à l'énergie ; transformation numérique ; croissance et emplois durables ; migration et mobilité) pour se concentrer sur l'humain, avec un accent mis sur la reconstruction post-Covid-19 (EUROPE 12528/12).
« Pour nos relations avec l’Afrique, nous sommes unis. Avec tous ces compromis, nous montrons que les pays africains sont nos partenaires privilégiés. Plusieurs défis : santé, éducation, égalité des genres, bonne gouvernance, conservation de la biodiversité, changement climatique : les opportunités de construire et de grandir ensemble ne manquent pas ! », a déclaré Mme Zacharopoulou à l’issue d’un vote marathon dont les résultats ont été connus en fin d’après-midi. Ceux du vote final sur la résolution seront connus jeudi.
Éducation. Les députés soulignent que l'accès à l'éducation inclusive, accessible et de qualité est un droit fondamental et considèrent que l'éducation devrait être une priorité du partenariat stratégique UE/Afrique.
Ils estiment que l'égalité des genres doit être érigée en priorité et intégrée dans le partenariat futur et font référence au plan d'action III sur la promotion de l'égalité des genres dans les relations extérieures.
Santé. Le partenariat futur devra renforcer les systèmes de santé, soulignent les députés. Ils insistent aussi sur le droit à la santé sexuelle et reproductive.
Culture. Les députés regrettent que la communication de la Commission néglige la politique culturelle dans le partenariat futur. Le rapport demande que l'on crée les conditions permettant la restitution des biens culturels aux pays africains.
En matière de commerce, les eurodéputés souhaitent que l'UE soutienne la régionalisation et l'intégration régionale et saluent le lancement de la zone de libre-échange continentale africaine.
Ils réitèrent que les investissements privés sont essentiels pour la réalisation des objectifs de développement durable, mais qu'ils doivent respecter les droits de l'homme, les normes de travail décent et les normes environnementales.
Invitation est faite à la Commission européenne de légiférer sur la responsabilité des entreprises et leur devoir de diligence dans leurs chaînes d'approvisionnement.
Dans le domaine de l'agriculture, les députés insistent sur l'importance de soutenir les petites exploitations africaines et des pratiques agricoles respectueuses de l'environnement.
Changements climatiques. Les pays africains étant particulièrement affectés, les députés s'inquiètent du danger que représentent les changements climatiques pour le développement humain. Ils demandent que l'UE augmente ses financements pour soutenir les pays africains dans leurs efforts pour respecter leurs engagements au titre de l'Accord de Paris et de la Convention onusienne sur la diversité biologique.
Ils appellent en outre à la mise en œuvre rapide d'une diplomatie du 'Green Deal' européen avec les pays africains pour encourager la transition vers une économie verte.
Migration. Les députés notent que, ces dernières années, la question des migrations a dominé les relations Afrique-UE et que cela a pu avoir un effet néfaste sur la manière dont les deux continents se perçoivent mutuellement. Ils soulignent que les migrations constituent un outil de développement durable réciproque pour les deux régions.
Les députés estiment que la dimension humaine des migrations devrait être mise en évidence et qu'une attention particulière devrait être accordée aux groupes de migrants les plus défavorisés. Ils demandent l'adoption d'un partenariat UE-Afrique sur les migrations et la mobilité qui place la dignité humaine des réfugiés et des migrants au cœur de ses préoccupations, qui soit fondé sur les principes de solidarité, de responsabilité partagée et de respect intégral des droits de l'homme, du droit international, du droit de l'UE et du droit national et des réfugiés. (Aminata Niang)