La commission des affaires constitutionnelles du Parlement européen a évoqué, mercredi 27 janvier, les modalités et les objectifs de la participation des citoyens et de la société civile à la 'Conférence sur l'avenir de l'Europe', sur la base d'un document de travail qu'ont élaboré les Allemands Helmut Scholz (GUE/NGL) et Daniel Freund (Verts/ALE).
Dans l'esprit du Parlement européen, des agoras citoyennes se tiendront régulièrement sur des thèmes centraux et seront censées alimenter la réflexion de la composante plus institutionnelle de la Conférence.
D'après le document de travail, les agoras seront constituées de citoyens choisis de façon aléatoire ('randomly') via leur numéro de téléphone mobile, avec des quotas permettant d'obtenir des panels représentatifs selon l'âge, l'origine géographique et la catégorie sociale.
M. Scholz souhaite également impliquer les citoyens de pays tiers voisins, comme le Royaume-Uni et les pays des Balkans occidentaux, ainsi que les citoyens de pays de l'UE vivant dans ces pays. M. Domènec Ruiz Devesa (S&D, espagnol) a suggéré de dispenser aux citoyens sélectionnés une formation préalable au fonctionnement de l'UE.
L'un des grands défis de ces agoras citoyennes consistera à influencer les travaux de la Conférence, puisque les citoyens ne seront pas habilités à décider.
« La possibilité pour les citoyens de présenter leurs recommandations et un mécanisme permettant de réagir aux résultats de la Conférence garantiront une connexion forte entre la Conférence et les agoras citoyennes, sans pour autant que la société civile, les citoyens et les parties prenantes disposent d'un pouvoir de décision », font valoir les auteurs du document de travail.
Les agoras citoyennes ne constituent « pas une tentative de remplacer la légitimité parlementaire », les décisions devant être prises par des personnes élues, a souligné M. Freund.
« S'il n'y a aucun impact, les participants risquent d'être extrêmement déçus par l'idée européenne et le fonctionnement de l'UE », a néanmoins considéré Niklas Nienaβ (Verts/ALE, allemand).
Interrogée par EUROPE sur l'action de la Commission européenne pour surmonter le blocage lié à la gouvernance de la 'Conférence sur l'avenir de l'Europe', la commissaire européenne chargée du dossier, Dubravka Šuica, a dit être ouverte à tous les compromis, pourvu que les travaux démarrent vite. « S'il y a un accord sur une présidence unique, cela nous va. Sinon, des coprésidences, cela nous va aussi », a-t-elle indiqué.
Voir le document de travail : http://bit.ly/3t3rMyg (Mathieu Bion)