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Bulletin Quotidien Europe N° 12645
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ / DÉmographie

La Commission ouvre le débat sur d’éventuelles solutions européennes pour faire face au vieillissement de la population

Comment « exploiter pleinement le potentiel » d'une société européenne vieillissante ? Comment anticiper et répondre aux impacts socioéconomiques de ce vieillissement ? La Commission européenne a lancé, mercredi 27 janvier, une consultation publique de 12 semaines visant à obtenir des réponses à ces questions.

Sur la base des contributions recueillies, l’institution s’engage à examiner « les mesures envisageables en vue de renforcer les efforts déployés par les États membres et les régions pour s'attaquer aux problèmes liés au vieillissement ».

Un livre vert dressant un bilan détaillé de cette tendance démographique a également été présenté, ce mercredi, afin d'alimenter le débat

La Commission rappelle, en premier lieu, que l’espérance de vie à la naissance a augmenté d’environ 10 ans ces cinquante dernières années et estime que, d’ici 2070, la proportion de personnes âgées de plus de 80 ans devrait doubler.

Ces tendances, explique l'institution, auront des répercussions sur la croissance, la viabilité budgétaire, les systèmes de santé ou encore sur le bien-être et la cohésion sociale.

Défis à relever

L’accent est donc notamment mis, dans le livre vert, sur les défis qui attendent l’UE. L’une des principales sources d’inquiétude identifiées est la diminution de la population européenne en âge de travailler : cette tendance devrait se poursuivre alors que la population totale reste constante. Le risque de pénurie de main-d’œuvre, de fait, augmente.

« L’UE et ses États membres devraient promouvoir des politiques amenant davantage de personnes sur le marché du travail, leur permettant de rester en activité plus longtemps et améliorant la productivité », prône la Commission.

Compte tenu de l’allongement de l’espérance de vie, les gens devront travailler plus longtemps pour que le niveau des retraites reste convenable, estime par ailleurs la Commission.

« Nous ne recommandons aucun âge de départ à la retraite. C'est la compétence des États membres, la décision leur appartient, mais nous voulons ouvrir ce débat », a précisé à la presse la vice-présidente de la Commission chargée de la Démographie, Dubravka Šuica.

Sur le plan sanitaire, le livre vert met également en lumière la difficulté de garantir que les soins de longue durée demeureront accessibles, abordables et de qualité pour tous, le recours aux aidants informels s'annonçant, lui, de plus en plus compromis.

Le nombre de personnes susceptibles d’avoir besoin de ces soins de longue durée dans l’UE devrait passer à 23,6 millions en 2030, puis à 30,5 millions en 2050.

Perspectives nouvelles

« Ce sont des points très importants, mais il faut qu'on passe au-delà de ça aussi. Bien sûr, il y a des choses à améliorer, mais il y a des choses dont on peut se féliciter », nuance toutefois Julia Wadoux, coordinatrice politique au sein de l'organisation AGE Platform Europe.

Jamais auparavant autant d’Européens n’ont connu une vie aussi longue, rappelle la Commission. Et cela doit aussi être considéré comme « une réussite », insiste Mme Wadoux.

Elle se félicite donc que l'institution prenne en considération les « perspectives nouvelles » offertes par le vieillissement.

Bien qu'il soit notamment question de cohésion et de solidarité intergénérationnelle, les perspectives positives mises en avant par la Commission sont d'abord de nature économique. L'« économie des seniors » – c'est-à-dire la demande de produits et de services reflétant les besoins spécifiques des personnes âgées – offre des débouchés à l’Union, indique le livre vert. Cette économie devrait croître d’environ 5% par an, pour passer de 3,7 milliards d’euros en 2015 à 5,7 milliards d’euros en 2025.

« Les personnes âgées aujourd'hui sont aussi une partie de la solution », résume Mme Wadoux. « Pour exploiter pleinement le potentiel de cette initiative », AGE Platform Europe insiste donc, dans un communiqué, « sur l'importance de veiller à ce que la consultation touche tout le monde, y compris les personnes âgées sur le terrain, y compris celles qui sont les plus éloignées de la société en général ».

Qu'attendre ensuite ? Les prérogatives de la Commission sont limitées sur le sujet, mais Julia Wadoux compte au moins sur la publication d'un livre blanc. Elle espère en outre que la Commission ne se reposera pas seulement sur les États membres et mettra davantage l'accent, à l'avenir, sur le respect des droits des personnes âgées.

Consulter le livre vert : https://bit.ly/3omDXmj (Agathe Cherki)

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