La Commission européenne a annoncé, jeudi 28 janvier, l'ouverture d'une enquête contre le géant américain de l'agroalimentaire Mondelēz, propriétaire des marques Lu, Oreo, Milka ou Toblerone, soupçonné d'avoir restreint la concurrence sur plusieurs marchés nationaux du chocolat, des biscuits et du café.
Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive responsable de la Politique de concurrence, a déclaré : « Nous ouvrons une enquête formelle afin d'établir si Mondelēz a pu restreindre la libre concurrence sur les marchés concernés en mettant en œuvre diverses pratiques entravant les flux commerciaux, entraînant in fine une hausse de prix pour les consommateurs ».
Mondelēz est l'un des plus grands producteurs de chocolat, de biscuits et de café dans l'UE.
La Commission craint que Mondelēz ait pu restreindre le ‘commerce parallèle’ de ses chocolats et biscuits et de son café entre certains États membres de l'UE au moyen d'accords et de pratiques unilatérales.
La Commission enquêtera sur certaines pratiques potentiellement anticoncurrentielles de Mondelēz : - une possible limitation des territoires de vente au sein de l'UE, au moyen d'accords déterminant dans quel État membre un opérateur peut ou ne peut pas vendre ses produits ou d'accords restreignant les ventes passives ; - une possible réduction du commerce parallèle au moyen d'accords visant à augmenter les prix ou à limiter les volumes spécifiquement pour les clients qui font le commerce des produits entre différents États membres ; - la possible conclusion d'accords avec des clients pour qu'ils ne se livrent pas au commerce parallèle ou n'achètent pas de produits issus d'un tel commerce, notamment en échange de paiements ou d'autres formes de compensation ; - de possibles restrictions concernant les langues figurant sur les emballages qui engendreraient ainsi des frictions sur les ventes vers certains autres États membres de l'UE ; - le possible refus d'approvisionner certains opérateurs en vue de restreindre les importations sur certains marchés.
La Commission a mené des inspections inopinées dans les locaux de Mondelēz en novembre 2019. (Lionel Changeur)