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Bulletin Quotidien Europe N° 12609
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Femmes

Le Parlement européen clame son soutien aux femmes polonaises mobilisées pour la sauvegarde du droit à l’avortement

« En Pologne vous restreignez les manifestations, mais vous ne pourrez pas le faire ici à Bruxelles », a déclaré, à l’adresse de son gouvernement, l’eurodéputée polonaise Sylwia Spurek (Verts/ALE), dans le cadre d’un débat en session plénière sur le droit à l’avortement en Pologne, convoqué en réaction à la récente décision du tribunal constitutionnel polonais de le restreindre encore davantage (EUROPE 12588/9).

Nombre d’eurodéputés sont apparus dans l’hémicycle, ou par vidéoconférence, vêtus d’un t-shirt laissant apparaître le signe de ralliement arboré actuellement par les femmes polonaises mobilisées contre cette décision. Un rassemblement était par ailleurs organisé au même moment aux abords du Parlement européen, en soutien aux manifestantes.

« Nous ne devrions pas avoir à organiser un tel débat aujourd’hui. Il est intolérable de voir dans l’Union européenne, au XXIe siècle, une attaque contre les droits des femmes telle que celle dont nous sommes témoins aujourd’hui en Pologne », a déploré Iratxe García Pérez (S&D, espagnole).

« Nous ne pouvons pas accepter que nos filles aient moins de droits que nos mères », a-t-elle ajouté. Comme elle, beaucoup de députées ont fait état d'une violation des droits fondamentaux des femmes dépassant les frontières polonaises.

« Désormais nous sommes toutes en danger » a insisté María Eugenia Rodríguez Palop (GUE/NGL, espagnole). « Un recul en Pologne est un recul pour tous », a également estimé Samira Rafaela (Renew Europe, néerlandaise).

Cette dernière a, par ailleurs, réclamé au nom de son groupe, la suspension de l'octroi de fonds européens à la Pologne en l'absence de respect des droits fondamentaux par le pays. Elle a également requis que les droits reproductifs et sexuels soient repris dans la stratégie de la Commission européenne consacrée à la Santé.

Plusieurs intervenants ont en effet souligné que cette décision risquait de pousser davantage de femmes à recourir à l'avortement de manière illégale.

Or, « une IVG illégale, c’est accepter de mettre en péril la vie d’une femme. C’est accepter le recours à des méthodes moyenâgeuses et des complications graves pour la santé, jusqu’à la mort », a rappelé l'eurodéputée et gynécologue-chirurgienne française Chrysoula Zacharopoulou (Renew Europe).

Résolution. Une proposition de résolution sur le droit à l'avortement en Pologne sera mise aux voix jeudi 26 novembre. Le PPE a finalement décidé de rallier le texte commun défendu par le S&D, Renew Europe, les Verts/ALE et la GUE/NGL (EUROPE 12607/20).

Enfin, un grand nombre d’eurodéputés ont cosigné une lettre adressée à la Commission européenne, mardi 24 novembre, par plus de 200 députés de pays européens. Ces derniers appellent l’institution à ouvrir une procédure d’infraction à l’encontre de la Pologne au sujet de cette décision du tribunal constitutionnel ainsi que des localités polonaises déclarées « libres de toute idéologie LGBTI » (EUROPE 12530/19).

« Les citoyens polonais sont des citoyens de l'UE et ils insistent, à juste titre, pour que les institutions de l'UE, en particulier la Commission, défendent leurs droits », soulignent les signataires.

Consulter la lettre : https://bit.ly/2V3veJq (Agathe Cherki)

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