Les ministres de l’UE chargés du Tourisme se sont réunis par vidéoconférence, lundi 28 septembre, pour un échange informel visant notamment à évaluer les conditions nécessaires pour permettre plus de voyages privés et professionnels en Europe.
« Nous souhaitons limiter les restrictions de déplacement au strict minimum et redonner aux citoyens européens un maximum de liberté de voyager sans pour autant négliger les exigences en matière de protection de la santé », a indiqué à la presse Thomas Bareiß, secrétaire d’État allemand au Tourisme, qui présidait la réunion.
M. Bareiß a indiqué que trois priorités avaient été dégagées par les ministres résolus à aider l'industrie du tourisme à surmonter la crise qu'elle traverse. Avant la pandémie de Covid-19, cette industrie représentait environ 10% du PIB de l'UE et faisait vivre 12% de ses citoyens.
Ils entendent, tout d’abord, « faire leur possible » pour éviter, à l’avenir, les fermetures de frontières et assurer la continuité des voyages, en garantissant la mise en place de mesures sanitaires plus strictes lorsque c'est nécessaire. Les ministres ont notamment prôné une approche de la question région par région.
Ils ont également plaidé pour une coordination plus étroite au sein de l’UE pour ce qui est des recommandations aux voyageurs, des quarantaines ou des tests. « Il est très important que nous mettions également davantage l'accent sur la nécessité de critères communs » (EUROPE 12556/19), a souligné M. Bareiß devant la presse.
Kerstin Jorna, directrice de la direction générale du Marché intérieur (DG GROW) de la Commission européenne, a relevé pour sa part que les ministres avaient insisté sur le rôle important incombant à l’UE en matière de coordination.
Début septembre, a-t-elle rappelé, la Commission a justement posé les premiers jalons d’une telle coopération, invitant les États membres à s’entendre sur des critères sanitaires et des restrictions de voyage identiques (EUROPE 12553/1).
Avenir du secteur. Enfin, les ministres espèrent voir le tourisme - secteur essentiellement composé de PME, dont beaucoup sont aujourd'hui menacées de faillite - sortir « renforcé » de cette crise.
Pour cela, des financements plus conséquents seront nécessaires, a relevé M. Bareiß. Un point régulièrement soulevé par les eurodéputés ces derniers mois. En effet, bien que le tourisme soit de la compétence de l’UE, le budget européen ne dispose d’aucune ligne spécifique consacrée à ce secteur (EUROPE 12566/12).
« Nous devons accompagner activement l'industrie du tourisme dans le changement structurel qui s’annonce », a par ailleurs souligné le secrétaire d’État allemand.
Évoquant elle aussi la nécessité d'une « vision à long terme », Kerstin Jorna, a assuré que plusieurs idées avaient été mises sur la table à cet égard ce lundi, en vue de la Convention européenne du tourisme promise par le commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton (EUROPE 12471/6), qui devrait se tenir le 12 octobre prochain.
Cet événement, a précisé Mme Jorna, donnera lieu à un « débat fourni », notamment sur les questions du tourisme durable ou encore de la révolution numérique dans ce secteur. (Agathe Cherki)