La Commission européenne a annoncé, mardi 29 septembre, le lancement d’une nouvelle Alliance européenne pour renforcer la chaîne de valeur des matières premières (ERMA pour ‘European Raw Materials Alliance’), afin de renforcer l’autonomie stratégique de l’Union européenne dans les chaînes de valeur des terres et des aimants en Europe.
Ainsi, la Commission franchit une première étape importante annoncée dans la stratégie industrielle (EUROPE 12561/8) ainsi que dans le plan d’action sur les matières premières critiques (EUROPE 12552/1). Cette nouvelle alliance sera gérée par KIC-EIT RawMaterials, une organisation financée par l’UE, regroupant des acteurs issus de plus de 20 États membres et dont le siège est à Berlin.
Cette dernière organisation sera elle-même sous la houlette de la Commission européenne par le biais du Partenariat d’innovation européen sur les matières premières, une plateforme regroupant tous les acteurs (industrie, services publics, universités et ONG) et dont la mission première est de prodiguer conseils et avis à la Commission européenne, aux États membres et aux acteurs privés. La Commission précise, dans son communiqué, qu’il est nécessaire d’adhérer à la déclaration de l’Alliance pour pouvoir l’intégrer.
Le commissaire au marché intérieur, Thierry Breton, a répété que l’objectif de l'UE n’était certainement pas de « s'isoler » du reste du monde, mais simplement de pouvoir avoir le « choix » en évitant des « dépendances indésirables ».
Une annonce saluée par le secteur industriel et dénoncée par les ONG
Que ce soit European Metals, qui représente le secteur européen de la métallurgie, Europe Aluminium, CSR Europe, un réseau européen d'entreprises engagées pour le pacte vert, ou encore ASD, l’association européenne des industries européennes de l’aéronautique, de l’espace, de la défense et de la sécurité, elles ont toutes salué le lancement de cette Alliance.
Au contraire, l’association européenne Les Amis de la Terre, aux côtés de 234 autres organisations, a récemment adressé une lettre ouverte à la Commission, lui demandant de revoir au plus vite son plan. Pour ces ONG, il est en effet plus urgent de réduire la consommation et, surtout, de respecter les droits des communautés locales quand celles-ci s’opposent à un projet minier.
De son côté, l’eurodéputé français Christophe Grudler (Renew Europe) a salué le lancement de l’Alliance, mais n’a pas manqué de pointer du doigt le manque de cohérence des États membres, qui, dans le même temps, ont réduit drastiquement le budget du programme-cadre Horizon Europe, pourtant essentiel dans la recherche et l'innovation, notamment dans le recyclage (EUROPE 12532/6).
Pour consulter la déclaration de l’Alliance : https://bit.ly/3ifhOmK (Pascal Hansens)