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Bulletin Quotidien Europe N° 12570
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INSTITUTIONNEL / État de droit

La Commission soutient Věra Jourová face à Viktor Orbán qui réclame sa démission

La vice-présidente aux Valeurs et à la Transparence, Věra Jourová, a « toute la confiance » de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a indiqué mardi 29 septembre Dana Spinant, porte-parole de l’institution. Elle réagissait à une lettre du Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, adressée le matin même et demandant la démission de la vice-présidente.

La polémique a éclaté à la veille de la présentation, ce 30 septembre, du premier rapport annuel sur la situation de l’État de droit dans les vingt-sept États membres. Dans sa missive, le dirigeant hongrois s’en prend aux propos de la vice-présidente qui, dans une interview accordée au Der Spiegel la semaine dernière, avait estimé que la Hongrie était une « démocratie malade ». Viktor Orbán « aime dire qu'il construit une démocratie illibérale. Je dirais : il construit une démocratie malade », avait-elle commenté.

Selon le dirigeant hongrois, ces propos sont des « insultes » non seulement au peuple hongrois, mais aussi aux citoyens européens vivant en Hongrie et ils sont « en contradiction avec le rôle de la Commission comme institution neutre et objective entérinée par le Traité de Lisbonne ».

La démission de Věra Jourová est donc « indispensable », a estimé M. Orbán, annonçant par ailleurs la suspension de tous les contacts bilatéraux avec la vice-présidente de la Commission.

« Notre porte reste ouverte », a rétorqué Dana Spinant, refusant de commenter davantage la décision hongroise de ne plus parler avec Mme Jourová. « Les problèmes liés à l’État de droit sont bien connus en Hongrie », a ajouté la porte-parole et « ils se trouveront dans le rapport qui sera présenté » mercredi.

Ce rapport fera le point sur la situation de l’État de droit dans les vingt-sept États membres. Il passera en revue la question de l’indépendance du judiciaire, du pluralisme des médias, de la lutte contre la corruption et l'équilibre général des contre-pouvoirs.

Un premier tour de table aura lieu au prochain Conseil 'Affaires générales', le 13 octobre. Et la situation dans cinq pays sera étudiée lors de cette première réunion ministérielle : République tchèque, Estonie, Danemark, Bulgarie, Belgique.

Contre-expertise

Lundi, la Hongrie et la Pologne ont annoncé vouloir créer un institut commun pour évaluer l'État de droit dans tous les pays de l'UE afin que les deux ne soient pas « pris pour des idiots » à la suite d'allégations de violations de l'État de droit, a déclaré le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, en visite en Pologne. « L'objectif de cet institut de droit comparé est qu'on ne nous prenne pas pour des imbéciles », a-t-il dit, cité par Reuters.

L'institut examinera donc à son tour comment l'État de droit est respecté dans l'UE, pour éviter que le principe du « deux poids, deux mesures » ne soit appliqué à la Hongrie et à la Pologne.

Lien vers la lettre de M. Orbán : https://bit.ly/30l95to (Solenn Paulic)

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