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Bulletin Quotidien Europe N° 12570
Sommaire Publication complète Par article 15 / 34
ACTION EXTÉRIEURE / MacÉdoine du nord

Selon M. Osmani, l'aide de l'UE face à la Covid-19 a appris à Skopje ce que 'faire partie de la famille' signifie

À Bruxelles pour rencontrer, entre autres, le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité et le commissaire à l'Élargissement, le ministre des Affaires étrangères macédonien, Bujar Osmani, s'est entretenu avec EUROPE pour faire un point sur le processus d'adhésion de son pays à l'UE et sur l'aide européenne pour faire au Covid-19 (propos recueillis par Camille-Cerise Gessant).

Agence Europe - La Commission devrait publier, dans les prochains jours ou semaines, son rapport de progrès sur la Macédoine du Nord. Qu'attendez-vous de ce rapport ?

Bujar Osmani - Cette année a été particulière avec la pandémie et ses conséquences sociales et économiques.

C'est aussi une année où des élections ont eu lieu dans le pays (…) de manière ordonnée et inclusive. Le gouvernement a été formé rapidement après l'officialisation des résultats des élections et, pour nous, c’est le signe de la maturité des élites politiques (EUROPE 12549/20).

Le pays a été gouverné par décret quelques mois avant les élections, car le parlement avait été dissous et les élections retardées par la suite en raison de la pandémie. Avec un gouvernement technique, nous avons continué à travailler sur notre programme de réformes européen et je pense que cela sera pris en considération dans le prochain rapport de progrès, surtout si l'on tient compte du fait que nous mettons l'accent sur la mise en œuvre plutôt que sur de nouvelles législations, que nous ne pouvions pas élaborer en raison de la dissolution du parlement.

Cela devrait être notre approche à l'avenir : passer de la législation à la mise en œuvre, en mettant l'accent sur les résultats obtenus. Nous pourrons ainsi faire le point sur les résultats concrets de ces législations qui sont conformes aux normes et règlements de l'UE, sur la manière dont elles affectent la vie quotidienne de la population.

Quand pensez-vous tenir votre première conférence intergouvernementale ?

La première conférence intergouvernementale est d'une importance capitale. Elle signifie l'opérationnalisation du consensus politique qui a été obtenu en mars par les 27 États membres pour lancer le processus d'adhésion de la Macédoine du Nord.

La condition préalable à la tenue de cette conférence est d'avoir un consensus sur le texte du cadre de négociation et le débat se déroule actuellement au sein des organes du Conseil (EUROPE 12519/18). Pour nous, le texte est acceptable.

Notre plan n'est pas d'avoir un raccourci vers l'UE, mais plutôt une préparation complète pour répondre aux critères. Ce qui nous inquiète, ce sont les tentatives de bilatéralisation du cadre de négociation ou de l'utiliser comme une plateforme pour imposer une solution unilatérale à des problèmes bilatéraux pour lesquels il existe des plateformes alternatives que sont les accords que nous avons avec nos voisins.

Mais je suis très optimiste sur le fait que nous allons utiliser cette période pour parler avec nos voisins au niveau politique, mais aussi au niveau des experts, pour essayer de trouver les solutions aux questions et problèmes en suspens. (...)

La conférence intergouvernementale devrait avoir lieu en décembre. Nous pouvons donc commencer à préparer les critères d'ouverture et toutes les procédures pour ouvrir le premier groupe (de chapitres de négociation d’adhésion).

Quel groupe de chapitres souhaitez-vous ouvrir en premier (EUROPE 12419/2) ?

Cela fait partie du débat, puisque le texte final du cadre de négociation n'est pas encore finalisé. Il existe donc différentes options quant à la manière dont l'approche sera adoptée.

Ce qui est important, c'est que tout commence par le groupe des chapitres fondamentaux et se termine par celui-ci, c'est-à-dire les chapitres 23 (judiciaire et droits fondamentaux), 24 (justice, liberté et sécurité), 5 (marché public) et d'autres instruments de contrôle financier.

Nous sommes depuis si longtemps dans ce processus (d'adhésion) que nous avons fait des progrès dans tout l'éventail de l'acquis communautaire, donc ce qu'il faut maintenant, c'est le déclencheur d'un processus. Et je pense que toute l'expérience, l'énergie et les progrès accumulés seront mis en œuvre pour avancer rapidement dans le processus.

Vous parliez de questions bilatérales. Il semble qu'il y ait des tensions en ce moment avec la Bulgarie. Pouvez-vous nous expliquer ce qui se passe ?

En 2017, nous avons signé un accord de bon voisinage, dont l'objectif était de séparer les différences d'interprétation des événements historiques qui pèsent sur l'ensemble des relations bilatérales de la coopération politique et économique.

Depuis trois ans, nous avons réussi à progresser dans la réalisation de ces deux objectifs. 

Naturellement, cela demande du temps. En 18 mois, les commissions se sont réunies neuf fois. Il est évident que cela a été ralenti par la pandémie et par les élections. Il est temps maintenant que cette dynamique s'intensifie. La commission se réunira le 15 pour la première fois depuis les élections.

Et nous espérons que ces commissions trouveront un langage commun sur la manière d'interpréter et de célébrer ensemble les figures qui relient historiquement nos peuples. Cela fait partie de l'engagement que nous avons pris et nous n'allons pas nous dérober.

Mais la deuxième série de questions sur les attributs de l'identité est pour nous inacceptable, puisqu'ils découlent du droit contemporain à l'autodétermination et à l'expression de soi.

Nous devons, dans nos relations, absorber ces différences et trouver des moyens d'aller de l'avant. Nous devons tous penser à l'avenir et non au passé et laisser aux scientifiques, en dehors des contraintes de la dynamique politique, le soin d'avancer en toute bonne volonté, en toute bonne foi, pour trouver un terrain d'entente et des ponts communs, dans une histoire commune.

Parallèlement à la publication du rapport de progrès, le plan d'investissement pour les Balkans occidentaux devrait être présenté. Qu'attendez-vous de ce plan ?

Il s'agit d'une initiative très importante. Le 1er octobre, nous aurons une réunion par vidéoconférence avec le commissaire Várhelyi pour discuter des détails.

L'UE s'est révélée être un partenaire très efficace en période de crise. L'assistance complète et opportune que les pays des Balkans occidentaux ont reçue pendant la pandémie nous a fait comprendre ce que signifie faire partie de la famille.

Ce plan d'investissement s'inscrit dans le prolongement de cette solidarité et de ce partenariat que l'UE développe avec les Balkans occidentaux. Nous espérons qu'il constituera un incitant important pour la coopération régionale, mais aussi pour le partenariat entre la région et l'UE.

Vous parliez de la pandémie de Covid-19. Pouvez-vous nous expliquer comment l'UE a aidé la Macédoine du Nord pendant la crise et avez-vous reçu suffisamment d'aide de l'UE ?

Tout le monde dit que l'Europe était sous le choc au début, mais nous, dans la région, avons reçu une aide substantielle de l'Union dès les premiers jours de la crise.

Cela signifiait un soutien financier direct et la gestion des défis sanitaires, puis un ensemble de mesures de soutien pour gérer les conséquences socioéconomiques de cette crise et aussi pour soutenir la liquidité de l'économie par un soutien macrofinancier sous forme de prêts. Cette aide est arrivée à point nommé et a été très bien ciblée.

Cela a donc créé une nouvelle perception, une nouvelle image de l'UE pas seulement dans les Balkans. Une Union qui a passé le test de réaction rapide en temps de crise, non seulement au sein de l'UE, mais aussi avec les partenaires des Balkans occidentaux.

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