Les ONG environnementales ont fortement critiqué les votes du Parlement européen, mardi 15 et mercredi 16 septembre (EUROPE 12561/11, 12562/20), approuvant la possibilité que des projets relatifs au gaz naturel puissent recevoir, sous certaines conditions, des fonds de l’Union européenne dans le cadre du Fonds pour une transition juste (FTJ).
« Le Parlement européen a porté un nouveau coup aux ambitions écologiques de l’UE en ouvrant la porte à l’argent public pour le gaz », a ainsi réagi Greenpeace.
Selon Silvia Pastorelli, membre de l'ONG, « attendre des communautés locales qu’elles réduisent leur dépendance des combustibles fossiles en finançant le gaz, c’est comme essayer de pédaler plus vite en faisant marche arrière ».
Les ONG craignent en particulier que de l’argent public soit ainsi investi dans des infrastructures gazières qui existeront pendant des décennies (‘stranded assets’), sans garantie qu’elles puissent être transformées facilement pour transporter des gaz plus propres à l’avenir, tels que l’hydrogène renouvelable.
« Le gaz fossile est une impasse économique en cette période de crise, car les énergies renouvelables et la rénovation des bâtiments fournissent trois fois plus d’emplois que tout autre combustible fossile », a déclaré de son côté Markus Trilling, membre de CAN Europe.
GasNaturally, un partenariat de huit organisations représentant le secteur européen du gaz, a, en revanche, salué le vote des eurodéputés.
Ces organisations estiment que le Parlement a envoyé un signal fort à la Commission européenne et aux États membres, selon lequel « des solutions gazières innovantes - gaz renouvelable, hydrogène produit par électrolyse et CCUS [technologies de piégeage, utilisation et stockage du CO2], biométhane - sont essentielles pour atteindre l’objectif ambitieux de réduction des émissions de 55% d’ici 2030 et pour parvenir à la neutralité climatique d’ici 2050 ».
Alors que la première réunion interinstitutionnelle (‘trilogues’) se tiendra le 24 septembre prochain, les négociations entre les colégislateurs pourraient déboucher sur un tout autre résultat.
Contrairement au Parlement, le Conseil de l’Union européenne a en effet décidé de suivre la proposition initiale de la Commission qui ne prévoyait pas d’étendre le FTJ au gaz (EUROPE 12513/9, 12403/2). (Damien Genicot)