Les eurodéputés réunis en session plénière ont approuvé, jeudi 17 septembre, le rapport d’initiative de Ciarán Cuffe (Verts/ALE, irlandais) appelant à maximiser le potentiel d’efficacité énergétique du parc immobilier de l’Union européenne.
« Aujourd’hui, le Parlement européen a envoyé un signal fort à la Commission sur ce qui est attendu de la prochaine vague de rénovation [une initiative de la Commission prévue pour le 14 octobre] », a déclaré M. Cuffe à l’issue du vote.
Selon lui, la rénovation du parc immobilier européen « réduira considérablement notre dépendance à l’égard des importations, diminuera la facture énergétique des ménages et réduira également nos émissions », tout en permettant de « créer des emplois et de stimuler les PME au sortir de la crise de la Covid-19 ».
Des normes minimales de performance énergétique
Adoptée à une très large majorité (526 voix pour, 77 contre et 94 abstentions), la résolution du Parlement demande notamment une révision de la directive (2018/2002) sur l’efficacité énergétique et de la directive (2018/844) sur la performance énergétique des bâtiments afin de les aligner sur les nouvelles ambitions climatiques de l’UE (EUROPE 12561/5).
La révision de la directive 2018/844 devrait en particulier inclure la création d’une nouvelle méthode pour définir des normes minimales de performance énergétique des bâtiments qui augmenteront progressivement, estiment les députés.
Les parlementaires appellent également la Commission à proposer des taux annuels de rénovation minimums et des mesures stratégiques qui permettent des rénovations lourdes, en créant des incitations financières et en assurant la stabilité des investissements.
Lutte contre la pauvreté énergétique
Soulignant que 50 millions de ménages de l’Union sont en situation de pauvreté énergétique, la résolution insiste sur l’aspect social de la rénovation des bâtiments qui permettra de réduire les factures énergétiques.
Selon le Parlement, il est notamment important de veiller à ce que les politiques de construction et de rénovation n’entraînent pas une charge insupportable en termes de coûts de location pour les locataires.
Autres mesures
Le texte plaide en outre pour que les énergies renouvelables soient pleinement intégrées dans le secteur du bâtiment.
Enfin, le Parlement défend la généralisation des passeports numériques de rénovation du bâtiment pour en faire un outil européen commun d’ici 2025, ainsi que la création d’un « calculateur climatique de l’Union » visant à assurer « un étiquetage précis et facile à comprendre des matériaux de construction, des produits et des services liés à la rénovation du parc immobilier de l’UE à l’horizon 2050 » (EUROPE 12522/15).
Voir la résolution : https://bit.ly/3c8jJIF (Damien Genicot)