« Vous avez aimé le Pacte vert, on a l'ambition de vous faire adorer le paquet pour une décennie numérique » : par cette formule alléchante, le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, a introduit la proposition de règlement du Conseil sur le calcul à haute performance et le projet de recommandation pour accélérer le déploiement de la 5G.
Ces deux initiatives avaient été annoncées en milieu de semaine par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors de son discours sur l'état de l'Union (EUROPE 12561/7). Elle y annonçait plusieurs actions pour progresser sur le volet technologique d'ici à 2030.
5G : une boîte à outils pour mars 2021
Dans leur plan d'action sur la 5G, les États membres s'étaient donné jusqu'à la fin de 2020 pour allouer les fréquences nécessaires au déploiement de la 5G (700 MHz, 3,6 GHz et 26 GHz). « Or, nous sommes clairement en retard », a reconnu Thierry Breton. Selon lui, la pandémie de Covid-19 a « figé, décalé, voire annulé » des investissements privés à hauteur de 800 milliards d'euros.
Le projet de recommandation de la Commission vise justement à accélérer les investissements dans la connectivité à haut débit, comme la 5G. Concrètement, l'institution invite les États membres à identifier les bonnes pratiques pour le déploiement rapide des réseaux fixes et mobiles de haute capacité d'ici au 20 décembre 2020 et à les consolider dans une liste d'ici au 30 mars 2021.
Le document avance aussi des orientations pour faciliter l'octroi de licences (respect du délai de 4 mois, procédures accélérées, point d'accès unique), accroître la transparence en ce qui concerne les infrastructures actuelles, étendre les droits d'accès aux infrastructures existantes contrôlées par le secteur public et améliorer le mécanisme de résolution des litiges.
Il annonce aussi plusieurs nouvelles initiatives, comme la mise à jour du plan d'action sur la 5G et la 6G en 2021 ainsi que la révision de la directive sur la réduction des coûts du haut débit, qui débutera par une consultation publique à l'automne 2020 et sera ensuite complétée par une feuille de route.
Huit milliards d'euros pour les supercalculateurs
La Commission européenne propose ensuite de mettre à jour l'entreprise commune européenne pour le calcul à haute performance (2018/1488) de l'équipe Juncker, qui devait pourtant courir jusqu'en 2026.
Concrètement, il s'agit d'accroître les financements pour ce projet qui sert à développer des systèmes de calcul ultra puissants et de passer de 1,1 milliard d'euros en 2019-2020 à 8 milliards d'euros pour la période 2021-2033. Cette enveloppe, explique la Commission, sera puisée à hauteur de 3,5 milliards d'euros dans le budget pluriannuel (Horizon Europe, Europe numérique et le Mécanisme pour l'interconnexion en Europe), de 3,5 milliards auprès des États participants (UE-27, moins la Slovaquie, et 6 pays associés) et de 1 milliard (en nature et en espèces) auprès d'organismes privés.
D'ici 2021, l'Union européenne devrait disposer de huit supercalculateurs : trois systèmes préexaflopiques (capables d'au moins 1017 calculs par seconde) installés en Italie, en Finlande et en Espagne, et cinq systèmes pétaflopiques (capables d'au moins 1015 calculs par seconde), en Bulgarie, en Slovénie, en République tchèque, au Portugal et au Luxembourg. Lien : supercalculateurs : https://bit.ly/3cdkkZj et connectivité : https://bit.ly/35MvOSD (Sophie Petitjean)