Invité, jeudi 14 mai, à participer à un débat sur le développement d’un vaccin contre le Covid-19, le vice-président de la Commission chargé de la Promotion du mode de vie européen, Margaritis Schinas, a été interpellé à de très nombreuses reprises sur l’accès des Européens à ce futur vaccin.
Une majorité des groupes politiques du PE se sont montrés vivement préoccupés, en particulier par la toute-puissance de l’industrie pharmaceutique. « La santé de nos citoyens ne doit pas dépendre simplement de la bonne volonté du secteur pharmaceutique », a déclaré, au nom des Verts/ALE, Petra de Sutter (belge), notamment rejointe sur ce point par la GUE/NGL, Renew Europe et le S&D.
Mme de Sutter a appelé la Commission à « mettre en œuvre les mesures nécessaires pour faire en sorte que les vaccins soient accessibles à tous ».
Plusieurs députés ont fait référence à la déclaration, survenue mercredi, du directeur général de Sanofi, Paul Hudson. Ce dernier avait en effet assuré que son entreprise distribuerait en priorité aux États-Unis un éventuel vaccin, les autorités américaines ayant investi financièrement pour soutenir ses recherches.
« Je m’interroge : les fonds que nous investissons en tant qu’Européens dans la recherche et le développement doivent-ils être considérés comme un cadeau, comme un droit pour les entreprises ? Ce n’est pas de la solidarité, c’est du capitalisme », a dénoncé Tiemo Wölken (S&D, allemand).
Ne pas dépendre d'États tiers. La crainte de voir l’UE dépendre d’États tiers a également été exprimée par bon nombre de députés. Peter Liese (PPE, allemand) a notamment fait montre d’une certaine défiance vis-à-vis des États-Unis, rappelant leur absence lors de la visioconférence des donateurs (EUROPE 12479/1).
« Nous aurons besoin d’outils politiques » dans la quête de vaccin, a assuré M. Liese, avant d’inviter la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, à « faire entendre sa voix ».
« Ne laissons pas les États tiers nous rendre dépendants de leur production de médicaments », a résumé Véronique Trillet-Lenoir (Renew Europe, française).
Dans sa réponse aux députés, Margaritis Schinas s’est contenté, sur ce point, d’assurer que toutes les questions concernant les produits pharmaceutiques seraient abordées dans la communication sur la stratégie pharmaceutique « prévue pour cette année ».
Il avait par ailleurs indiqué, en introduction du débat, que la Commission était « en étroits pourparlers avec les États membres et les fabricants » afin d’identifier « comment épauler au mieux » les pays dans l’achat et le déploiement de ces vaccins.
Un vaccin sûr et efficace. Jeudi 14 mai, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a par ailleurs annoncé qu'un vaccin contre le Covid-19 pourrait être approuvé dans un an environ. Dans un scénario « optimiste ».
Le responsable des vaccins de l’EMA, Marco Cavaleri, a exclu la possibilité de se passer de la troisième phase d’essai des vaccins, nécessaire pour assurer la sureté et l’efficacité d’un vaccin. Deux principes auxquels plusieurs députés ont également rappelé leur attachement. (Agathe Cherki)