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Bulletin Quotidien Europe N° 12425
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Agriculture

Les eurodéputés demandent d’associer pleinement les agriculteurs à la stratégie ‘de la ferme à l'assiette’

La future ‘stratégie de la ferme à l'assiette’ ne doit pas se faire contre les intérêts et la volonté des agriculteurs de l'UE, ont mis en garde, jeudi 13 février à Strasbourg, de nombreux eurodéputés, dans un débat demandé par les membres de la commission de l'agriculture du Parlement européen.

Cette stratégie de la ferme à l'assiette, prévue pour fin mars, devrait fixer des objectifs de réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires, des engrais et des antibiotiques, et rouvrir des discussions sur l’utilisation des protéines animales transformées, le recours aux nouvelles techniques de sélection végétale ou le bien-être animal (EUROPE 12416/13).

Sont également attendus des plans de développement de l’agriculture biologique, de lutte contre le gaspillage alimentaire ou encore des mesures contre les fraudes dans la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire. 

« Il ne faut pas clouer au pilori l’agriculteur en l’accusant d’être un pollueur ou un empoisonneur », a lancé Norbert Lins (PPE, allemand), à l’origine de ce débat en plénière sur le rôle des agriculteurs dans le cadre de la future stratégie ‘de la ferme à l'assiette’. Il a ajouté qu’il ne fallait pas créer un « mille-feuille d’interdits », mais plutôt créer des incitants pour conduire les agriculteurs à mieux protéger l’environnement. « Nous avons déjà les normes environnementales les plus élevées au monde », a relevé M. Lins. Les consommateurs doivent aussi changer d’attitude, car ils ne veulent pas payer davantage pour de bons produits.

Le commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, a indiqué que c’est à la fin du mois de mars que « nous aurons tous les détails de cette stratégie ». Selon lui, les agriculteurs comprennent l’ambition du Pacte vert européen, qui devrait conduire à une utilisation « limitée » des antibiotiques et des engrais chimiques, à un développement de l’agriculture biologique ou encore à une« meilleure qualité de l’air et des sols ».

« Les agriculteurs européens vont devoir avoir une production durable et participeront à la promotion d’une meilleure santé humaine et à la lutte contre le changement climatique », a souligné le commissaire, qui a ajouté que « nous devrons aider les agriculteurs » à réaliser cela. M. Wojciechowski a défendu, dans le contexte des négociations sur le cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027, « un bon budget pour politique agricole commune ambitieuse ». 

Cette stratégie ne doit pas se faire contre la volonté des agriculteurs, a mis en garde Herbert Dorfmann (PPE, italien), qui aurait surtout souhaité la présence, lors de ce débat, de Frans Timmermans, le vice-président exécutif au Pacte vert européen. « Si les agriculteurs ne participent pas activement au débat, cette stratégie ira droit dans le mur », a-t-il pronostiqué. Les agriculteurs sont accusés de tous les maux, selon lui (perte de biodiversité, changement climatique, utilisation de produits chimiques…) Or, sur le terrain, la « réalité est différente ». On peut réfléchir à une utilisation moindre de pesticides et d’engrais, mais il faut voir les progrès qui peuvent être réalisés grâce à l’innovation, a indiqué M. Dorfmann.

Pour Paolo De Castro (S&D, italien) , il ne faut pas seulement une PAC bien financée, il faut aussi des « initiatives innovantes » (remplacement des produits chimiques).

Il faut considérer l’agriculture comme un objectif économique, mais aussi de société, a déclaré Dacian Cioloş (Renew Europe, roumain). Il convient, selon lui, de se montrer audacieux pour faire face aux attentes des agriculteurs et des consommateurs. Le Pacte vert sera un échec sans la participation des agriculteurs, a-t-il dit. D’où le besoin de garantir davantage de revenus aux agriculteurs. Dacian Cioloş a plaidé en faveur d’un véritable ‘plan d’investissement’ et a estimé que la stratégie 'de la ferme à l’assiette' ne réussira pas si l’accent est mis uniquement sur les pesticides et les produits chimiques.

« Il faut rendre la PAC plus durable et plus respectueuse de l’environnement », a défendu Sarah Wiener (Verts/ALE, allemande). Cette stratégie représente, à son avis, « la dernière possibilité de réformer la PAC ». 

Zbigniew Kuźmiuk (CRE, polonais) a jugé « inacceptable » la baisse prévue des crédits de la PAC post-2020 et a demandé davantage de crédits pour ceux qui participent à cette stratégie. 

Les subventions agricoles doivent être supprimées, a préconisé Anja Hazekamp (GUE/NGL, néerlandaise). 

Pour consulter un projet (daté du 13 janvier) de plan d'action mettant en œuvre la future 'stratégie de la ferme à l'assiette' : http://bit.ly/2wenFGR  (Lionel Changeur) 

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