login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12378
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Climat

Ambition et sens de l'urgence escomptés de la part du PE en amont de la COP25 et du Conseil européen

Les attentes de la société civile grandissent en amont de la COP25 (Madrid, 2-13 décembre) et d’un double vote du Parlement européen qui pourrait, jeudi 28 novembre, accentuer la pression sur le Conseil européen des 12 et 13 décembre.

« Notre maison brûle. Les gens souffrent et la nature s'effondre. Si l’UE écoutait les scientifiques des Nations Unies et prenait des mesures maintenant pour réduire de manière drastique ses émissions d’ici 2030, nous pourrions éviter les conséquences les plus graves pour notre planète », soulignait Greenpeace, mercredi 27 novembre.

Toutefois, la position de négociation de l’UE pour la COP25 a déjà été arrêtée et, si l’UE souhaite être chef de file pour susciter par l’exemple un relèvement de l’ambition mondiale, elle ne prévoit d’actualiser son objectif 2030 que l’année prochaine (EUROPE 12342/1).

Le commissaire Cañete l'a redit aux députés, en insistant sur les priorités de l'UE pour cette COP : - commencer à examiner comment toutes les parties à l'Accord de Paris répondront à la demande croissante des citoyens du monde entier d'une action plus importante et plus décisive ; - s'accorder sur les mesures de marché au titre de l'article 6 de l'Accord de Paris ; - parachever l'examen du Mécanisme international de Varsovie sur les pertes et les dommages ; - susciter la coopération de tous pour les océans.

Le vote du PE en session plénière ne devrait pas trop s'éloigner des recommandations de sa commission de l'environnement (EUROPE 12365/16).

On peut s’attendre à ce qu'il se prononce pour la neutralité climatique de l’UE d'ici 2050 au plus tard et pour une actualisation de l'objectif 2030 de l’UE à 55% (au lieu d’au moins 40%) par rapport à 1990. Certes, le groupe PPE défend un objectif minimum de 50% et refuse 55% sans condition, pour s’en tenir à ce qu’a annoncé Ursula von der Leyen, à savoir 50%, puis 55% après une évaluation d’impact.

Mais le PE précédent s’était déjà prononcé pour 55%, avant la COP24 (EUROPE 12125/3). Il serait impensable de viser moins haut à l'heure ou l'urgence climatique et environnementale pourrait être décrétée jeudi (EUROPE 12377/7, EUROPE 12374/9).

Urgence climatique à intensité variable. Un compromis a pu être trouvé entre les groupes Renew Europe, S&D et GUE/NGL. Leur projet de résolution commune déclare une urgence climatique et environnementale ('urgence' étant traduit par 'emergency' en anglais) et invite la Commission, les États membres et tous les acteurs mondiaux à prendre d'urgence les mesures concrètes nécessaires pour combattre et contenir cette menace avant qu'il ne soit trop tard.

Elle invite instamment la nouvelle Commission à évaluer pleinement l'impact climatique et environnemental de toutes les propositions législatives et budgétaires pertinentes et à veiller à ce qu'elles soient toutes pleinement conformes à l'objectif de limiter le réchauffement planétaire à moins de 1,5°C et à ce qu'elles ne contribuent pas à la perte de biodiversité.

Le projet de résolution précise que cette situation d'urgence ne devrait jamais être utilisée pour éroder les institutions démocratiques ou pour porter atteinte aux droits fondamentaux.

Siège unique ? Pour les Verts/ALE, le texte manque d'ambition puisque selon eux, le statu quo ne mènerait pas loin des 55% si toute la législation du paquet Climat/Énergie propre était mise en œuvre et que l'adoption du siège unique du PE qu'ils demandaient dès 2020 n'y figure pas.

Des amendements ont été déposés par les Verts/ALE, notamment pour relever l'objectif 2030 à 65% et par le PPE, pour remplacer le mot 'emergency' par 'urgency', jugé moins susceptible de créer la panique (EUROPE 12377/7).

Le groupe conservateur (CRE), qui avait déposé un projet de résolution sur l'urgence climatique dénonçant la 'transhumance' mensuelle du Parlement, « qui génère par an environ 11 000 à 19 000 tonnes de CO2 », a déposé un amendement à la résolution sur la COP25 (amendement 16 §2). Il s'agirait d'inviter les gouvernements de l'UE à convenir d'un siège unique et à mettre fin à l'énorme empreinte carbone créée par l'accord sur les navettes.

« Le système à deux sièges est une relique du passé qui n'a pas sa place dans un monde moderne », a fait valoir Geoffrey Van Orden (CRE, britannique). (Aminata Niang)

Sommaire

PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
SOCIAL
INSTITUTIONNEL
COUR DE JUSTICE DE L'UE
ACTION EXTÉRIEURE
INFRACTIONS AU DROIT DE L'UE
BRÈVES