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Bulletin Quotidien Europe N° 12377
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Climat

Urgence climatique entre réalité, subtilités lexicales et communication au Parlement européen

Le Parlement européen pourrait déclarer l'état d'urgence climatique et environnementale par un vote, jeudi 28 novembre, si les deux groupes qui ont déposé chacun un projet de résolution - Renew Europe et les Verts/ALE - parviennent à réunir la large majorité qu'ils espèrent. Encore faut-il que tous s'entendent sur le terme à utiliser et qui puisse convenir à tous, dans toutes les langues.

À en juger par le débat qu'ont eu les députés à l'ouverture de la session, lundi 25 novembre, cela n'est pas forcément gagné. Mais le rapport publié mardi par le programme des Nations Unies pour l'environnement, qui montre que les pays devraient multiplier par cinq leurs efforts d'atténuation (soit une réduction d'émissions de 7,6% chaque année jusqu'en 2030) pour avoir une chance de respecter l'objectif de 1,5°C de l'Accord de Paris, pourrait servir d'aiguillon. 

Le projet de résolution de Renew Europe, qui fait l'objet de négociations entre groupes, décrète l'état d'urgence climatique et environnementale et appelle à agir en conséquence. Celui des Verts/ALE est beaucoup plus détaillé, mais a peu de chance d'être repris (EUROPE 12374/9).

« À quelques jours de la catastrophe de Venise, quelques semaines après la demande officielle de retrait de l’Accord de Paris de Donald Trump, à quelques heures du vote d’investiture de la Commission von der Leyen, qui a fait du Green Deal une priorité, il n'y a pas de meilleur moment pour déclarer l’urgence climatique et environnementale. Nous n’avons pas de certitude que le Parlement se prononcera pour cela. Pourtant, le Royaume-Uni, l’Irlande, la France, le Portugal et l’Autriche l’ont fait. Ce serait incompréhensible pour les citoyens, surtout pour les jeunes », avait déclaré Pascal Canfin (Renew France), lundi. Il reconnaissait qu'il s'agissait d'un « message symbolique » et en appelait « à la responsabilité de chacun ». 

« Nous sommes tous d’accord pour agir, mais en allemand, le mot urgence (Notstand) peut engendrer la panique », a fait observer Peter Liese (PPE allemand). « S’il est nécessaire d’agir, il n’est pas nécessaire de paniquer », a-t-il ajouté en faisant allusion, sans la nommer, à Greta Thunberg, qui aimerait justement que les dirigeants paniquent. ('I want you to panic', répète-t-elle inlassablement.)

Au nom du groupe des Verts/ALE, qui demande, entre autres, de porter l’objectif 2030 de l'UE à une réduction des émissions de 65%, Bas Eickhout a estimé que ce débat était « historique », car, si le Parlement décrète l’urgence climatique jeudi prochain, il faudra être à la hauteur dans le suivi. « Malheureusement, nous irons à la COP25 les mains vides », a-t-il déploré. 

 Alors que le monde a connu un niveau record d'émissions en 2018 et que les émissions doivent décroître d'ici 2020, il reste deux ans pour inverser la donne, a fait observer Emmanuel Bompart (GUE/NGL). « C'est la survie de l'espèce qui est en jeu. Nous proclamons l'évidence. Agissons vite avant qu'il ne soit trop tard ». (Aminata Niang)

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