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Bulletin Quotidien Europe N° 12377
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / AlgÉrie

Débat entre groupes politiques sur une résolution spécifique du PE

Une résolution dite d’urgence sur la situation en Algérie, qui doit être votée jeudi, divise les groupes politiques au Parlement européen. Une élection présidentielle est prévue pour le 12 décembre prochain dans le pays.

Ainsi, le S&D, soutenu par Renew Europe et la GUE/NGL, veut une résolution appelant à la transition démocratique en Algérie, sur la répression et sur les activistes emprisonnés. « Le Parlement européen n’a pas eu un mot sur les huit mois de manifestations massives et pacifiques en Algérie. C’est un paradoxe que, plus le sujet est important et proche (de l’Europe), moins on est capable de parler », a dénoncé Raphaël Glucksman, à l’origine de cette résolution. Conscient des enjeux, il a cependant précisé qu’il fallait faire attention à ne pas faire de l’ingérence. La résolution ne devrait donc pas condamner l’élection organisée par le pouvoir, mais contestée par la population.

« On ne peut pas rester indifférent à la situation algérienne et il faut soutenir politiquement ce mouvement », a ajouté Bernard Guetta (Renew Europe, français).

Mais cette résolution fait débat. Le PPE souhaite y ajouter, selon M. Glucksman, une « forte dimension religieuse ». S’il considère le problème de liberté de religion comme extrêmement important, le député S&D estime que ce n’est pas le même sujet. « Si on veut un texte sur la répression, il est dommage d'en faire une croisade », a-t-il ajouté, estimant que cela offrirait au gouvernement algérien un outil de propagande sur la division chrétiens/musulmans.

Lundi soir, en ouverture de session, M. Glucksman avait déjà remporté une victoire en obtenant le changement de nom du débat et de la résolution d’urgence mise aux voix le 28 novembre, passant de « l’emprisonnement de défenseurs des droits de l’homme et de la liberté de religion en Algérie » à « situation des libertés en Algérie ».

Les Verts/ALE sont aussi opposés à la résolution, non pas en termes de contenu, mais sur le texte en tant que tel. S'ils notent que personne ne s’est intéressé aux marches dans le pays depuis leurs débuts, ils regrettent que l’on commence à s’en inquiéter « à 15 jours des élections ». « Une règle dit 'on ne fait pas des résolutions juste avant des élections' et on essaie de continuer à l'appliquer », a justifié la Française Salima Yenbou. « On pense qu’à la veille des élections, cela peut être un sujet de déstabilisation et entraîner le chaos, cela peut saper la crédibilité des Algériens qui marchent », a-t-elle ajouté, précisant qu’il ne fallait pas « leur voler leur combat ». « La situation est très critique, la résolution risque de mettre de l’huile sur le feu », a-t-elle insisté. (Camille-Cerise Gessant)

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