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Bulletin Quotidien Europe N° 12377
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Climat

Un accord des dirigeants européens sur la neutralité climatique de l'UE d'ici 2050 serait un minimum pour la plupart des députés

Le climat est l'une des deux urgences à l'ordre du jour du prochain Conseil européen (12 et 13 décembre). Le débat qu'ont eu les députés européens à ce sujet, mardi 26 novembre, a montré qu'ambition climatique et futur budget (CFP) 2021-2027 de l'UE étaient étroitement liés.

La plupart des députés espèrent qu'un accord sera enfin trouvé sur la neutralité climatique de l'UE à l'horizon 2050, accompagné de mesures garantissant la transition juste. Mais des nuances séparent les plus ambitieux, qui demandent des mesures drastiques à court et moyen terme, et les députés du centre droit, qui appellent au réalisme. Les conservateurs fustigent « l'hystérie », les climatosceptiques, un discours « idéologique ».

« Le Conseil européen va essayer d'obtenir un engagement sur l'objectif de neutralité climatique d'ici 2050 et d'identifier le cadre pour atteindre cet objectif », a déclaré la ministre finlandaise des Affaires européennes, Tytti Tuppurainen (EUROPE 12372/6).

Depuis juin, la Présidence finlandaise a « travaillé d'arrache-pied, avec les États membres et la Commission » sur les conditions, les incitations et le cadre à mettre en place afin d'assurer une transition socialement juste vers une UE neutre sur le plan climatique et de finaliser les orientations avant la fin de l'année (EUROPE 12279/2). La Pologne et la Hongrie restent à convaincre.

Selon Mme Tuppurainen, « la prise en compte des spécificités nationales, régionales et socio-économiques se reflétera dans le cadre de négociation » du projet de CFP.

Au nom de la Commission, Frans Timmermans a dit que « L'Europe peut et doit aller plus loin » que son objectif d'une réduction d'au moins 40% de ses émissions d'ici 2030 et que l'UE doit être neutre pour le climat d'ici 2050. « Notre stratégie doit être un signal pour les autres parties à l'Accord de Paris », a -t-il dit. Et d'ajouter : « la transition se fera en Europe », dans le respect de la cohésion sociale, de la solidarité entre les États membres et les générations. C'est, selon lui, un devoir de responsabilité envers les générations futures et d'écoute des citoyens, mais aussi un moyen de créer de l'emploi.

« Il faut respecter Greta Thunberg, mais entendre que les gens ne peuvent pas payer l’essence, peuvent perdre leur emploi dans les régions charbonnières », a dit Manfred Weber (PPE, allemand), appelant au « réalisme ». Paulo Rangel (PPE, portugais) souhaite « une politique pour les personnes, pour les entreprises, pour le bien commun ». Selon Esteban Gonzalez Pons (PPE), « protection du climat et économie sociale de marché doivent aller de pair ». 

Eero Heinäluoma (S&D, finlandais) espère que « les orientations du Conseil européen refléteront l'exigence de neutralité climatique d'ici 2050 et que les financements » dans le futur CFP « seront à la hauteur ».

Selon Dacian Ciolos (Renew Europe, roumain) « le budget est la traduction d'une ambition politique » et « le sens du Green Deal est d’allier économie et environnement ». Charles Goerens (RE, luxembourgeois) a rappelé qu'après le Brexit, l'UE ne contribuera qu'à 7% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. « La menace est globale. Notre réponse doit l’être elle aussi », a-t-il dit, préconisant de « miser sur la diplomatie climatique » pour que la Chine et l'Inde (50% des émissions mondiales) agissent davantage.

« Aucun pays n’a présenté de plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre ni de mesures capables d'atteindre les objectifs de l'Accord de Paris. Il faut enclencher un nouveau braquet et ne pas attendre que les autres agissent », a rétorqué Ska Keller (Verts/ALE, allemande). Son groupe demande à l'UE de relever son objectif 2030 à au moins 65% et au PE de « ne pas seulement déclarer l'état d’urgence climatique », comme il pourrait le faire jeudi, « mais d'agir en conséquence ».

« Vendredi, les jeunes redescendront dans la rue pour dire : changeons le système, pas le climat. Je serai avec eux pour dire notre soif de vivre », a déclaré Manon Aubry (GUE/NGL, française). Elle réclame un changement radical des modes de production et de consommation, la réorientation de la PAC, la responsabilité des entreprises qui déforestent et la fin des accords de libre- échange.

Le Français Jérôme Rivière (ID) a fustigé « le dogme du tout électrique sans penser au pillage des terres rares », le fait d'opposer « jeunes et vieux », la contradiction entre la neutralité climatique et les accords de libre-échange, « si l'on n'inclut pas le coût du carbone dans les produits importés ». (Aminata Niang)

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