L'accessibilité des médicaments préoccupe décidément plusieurs États membres. Après la Présidence néerlandaise et d'autres présidences tournantes du Conseil qui l'ont précédée, la Présidence finlandaise a l'intention de mettre ce sujet à l'ordre du jour de la réunion des ministres de la Santé du 9 décembre.
Malgré les efforts déjà consentis, « un résultat global équilibré conduisant à un meilleur accès aux médicaments n'a pas encore été atteint », note la Présidence dans un document d'information censé encadrer la discussion ministérielle.
Le document recommande une approche globale intégrant tous les cycles de vie d'un médicament, à savoir la recherche et le développement, l'introduction de nouveaux médicaments, la concurrence des prix et le maintien de l'offre. En ce qui concerne l'introduction de nouveaux médicaments, Helsinki met en garde contre les procédures accélérées et rappelle l'importance d'une « introduction contrôlée ». Elle suggère, entre autres, de recourir aux données empiriques ('real world evidence'). Quant au maintien de l'offre, la Présidence note que la concentration croissante en dehors de l'Europe des chaînes de fabrication et de logistique et la fragmentation causée par les chaînes de sous-traitance ont été identifiées comme l'une des causes des pénuries de médicaments.
« L'accessibilité nécessite des mesures efficaces à toutes les phases du cycle de vie d'un médicament : les mécanismes soutenant la recherche et le développement, l'introduction contrôlée, la réalisation de l'égalité d'accès aux nouveaux médicaments, la concurrence par les prix, l'approvisionnement continu et la maintenance des anciens médicaments sur le marché devraient être durables, tout en tenant compte des besoins des systèmes de santé nationaux », met en avant la Présidence finlandaise.
Et de conclure : il est nécessaire de renforcer davantage la coopération stratégique entre les États membres, de surveiller l'impact des mesures de l'UE et d'évaluer la politique pharmaceutique au niveau de l'UE et ses objectifs.
Rappelons que la Commission européenne est en train de revoir les incitations au développement de médicaments orphelins et pédiatriques. Lien vers le document : http://bit.ly/2qS0PSV (Sophie Petitjean)