L'Agence européenne des médicaments (EMA) poursuit tant bien que mal ses missions, malgré le départ de 125 de ses employés dans la perspective du Brexit. C'est en substance le message adopté par son conseil d'administration, lors de sa réunion des 12 et 13 juin.
Le conseil d'administration a validé le rapport d'activité 2018 de l'agence, évalué l'état de préparation de l'industrie pharmaceutique au Brexit, fait le point sur le développement d'un registre européen contenant des informations liées aux essais cliniques et désigné deux représentants du Parlement européen en son sein.
Sans surprise, il a fait état de difficultés liées au Brexit. Il a indiqué que son personnel avait été réduit de 125 personnes entre décembre 2018 et juin 2019 et que sur les 776 restantes, 464 avaient déménagé aux Pays-Bas et 312 faisaient du télétravail depuis Londres, en raison surtout de circonstances personnelles. Pour rappel, l'agence opère depuis le 1er mars depuis des sièges temporaires à Amsterdam, avant un déménagement mi-novembre dans un siège définitif (EUROPE 12173/4).
Le conseil d'administration, qui s'attend à une perte totale comprise entre 20 et 25% du personnel, indique que l'EMA va reprendre certaines activités qu'elle avait mises entre parenthèses en raison de cette phase de transition. Ces activités ont trait aux projets destinés à accroître l'efficacité de l'EMA dans la poursuite de ses objectifs à long terme, par exemple, la numérisation des processus administratifs. Les autres activités interrompues, telles que l'élaboration de recommandations et la participation à des activités internationales, ne reprendront pas dans l'immédiat.
Dans son communiqué de presse, l'agence semble toutefois largement pâtir de la situation : « En plus de compenser les pertes de personnel et les ressources allouées aux préparatifs du Brexit, l'EMA doit faire face à une charge de travail considérable, résultant de diverses nouvelles législations pour lesquelles aucune ressource supplémentaire n'a été allouée », note-t-elle.
La prochaine réunion du conseil d'administration est prévue en octobre 2019. (Sophie Petitjean)