S’il existe des disparités dans le niveau d’ambition des projets de plans nationaux intégrés Énergie/Climat (NECP) 2021-2030 transmis par les 28 États membres de l’UE à la Commission en vertu du règlement sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action pour le climat, tous ces projets ont le mérite d’être sur la table et pourront être améliorés dans les six mois qui viennent, a souligné la Commission européenne, mardi 18 juin.
Dans le paquet qu'elle a adopté le même jour - une communication et des recommandations pour chacun des 28 projets de plans, que les États membres seront tenus de respecter - la Commission reconnaît que des efforts significatifs ont été consentis. Toutefois, elle souligne que des améliorations sont possibles, notamment en termes de politiques ciblées et individualisées pour atteindre les objectifs 2030 de l'Union de l'énergie, qui permettront à l'UE de respecter collectivement ses engagements au titre de l'Accord de Paris sur le climat et d'être sur la voie de la neutralité climatique envisagée à long terme.
Saluant une « étape importante », le commissaire européen à l'Énergie et l'Action climatique, Miguel Arias Cañete, a profité de l'occasion pour appeler les dirigeants européens à soutenir l'objectif de la neutralité climatique à l'horizon 2050 pour l'économie européenne lors du Conseil européen des 20-21 juin, estimant que cela constituerait « un signal pour être à la hauteur du défi. »
Le vice-président de la Commission responsable de l’Union de l’Énergie, Maros Sefcovic, a insisté sur l'intérêt de ces plans nationaux afin de garantir la transparence et la prévisibilité des politiques et des mesures nationales, et de permettre ainsi à l'industrie et au secteur financier de stimuler les investissements privés requis par la transition énergétique propre.
« Les États membres ont élaboré des projets impressionnants en un laps de temps relativement court. En ce qui concerne les plans définitifs, attendus d'ici à la fin de l'année, nos recommandations montrent que des efforts supplémentaires sont nécessaires : par exemple, une ambition plus forte, des mesures plus détaillées, une meilleure définition des besoins en investissements, ou un travail plus poussé en matière d'équité sociale. La clarté et la prévisibilité constituent un réel avantage concurrentiel pour la politique européenne en matière d'énergie et de climat », a-t-il déclaré. La Commission est prête à aider les États membres.
Efficacité énergétique et énergies renouvelables à la peine. S’agissant de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, les projets de NECP permettront, en l'état, d’atteindre l’objectif de l’UE : une réduction d'au moins 40% à l’horizon 2030 par rapport à 1990, mais le secteur hors ETS (transports, bâtiments, agriculture, déchets) est le maillon faible. Dans ce secteur, la réduction sera de 28% par rapport à 2005 au lieu des 30% requis.
Mais les projets de NECP sont insuffisants tant en termes d'énergies renouvelables que de contributions à l'efficacité énergétique. Pour les énergies renouvelables, l'écart avec l'objectif de 32% pourrait atteindre 1,6 point de pourcentage. « C’est un écart qu’il est possible de combler », a estimé le commissaire Cañete.
Pour l'efficacité énergétique, l'écart avec l'objectif européen de 32,5% est plus problématique. Il peut atteindre 6,2 points de pourcentage (si l'on considère la consommation d'énergie primaire) ou 6 points de pourcentage (si l'on considère la consommation finale). « La plupart des États membres doivent redoubler d’efforts », selon le commissaire Cañete.
Mais l’Union de l’Énergie, ce n'est pas seulement des objectifs, c’est aussi la sécurité énergétique ; or, les plans ne contiennent pas assez d’objectifs clairs et mesurables. Ils devraient inclure les marchés de détail et de réseaux, a-t-il estimé.
Et pour l’interconnexion (l'objectif européen est de 15%), les États membres devraient indiquer leur objectif 2030.
Recommandations. S’agissant des contributions en matière d'efficacité énergétique et d'énergies renouvelables, certains États membres sont invités à intensifier leurs efforts et à mieux exploiter leur potentiel national, tandis que d'autres devront confirmer leurs objectifs déjà ambitieux.
La Commission invite également les États membres à fixer des objectifs mesurables, réalisables, réalistes et assortis de délais pour les cinq dimensions de l’Union de l’énergie (efficacité énergétique ; un marché de l’énergie pleinement intégré ; recherche, innovation et compétitivité ; décarbonisation de l’économie ; sécurité énergétique, solidarité et confiance).
La plupart des États membres sont également invités à étayer davantage la réalisation de leurs objectifs et contributions par des politiques et mesures supplémentaires plus concrètes, et ce pour toutes les dimensions de l’Union de l’énergie.
M. Cañete s'est néanmoins dit confiant que, d'ici à la fin décembre 2019, les plans seront en ordre de marche pour envisager, à l'échelle de l'UE, une réduction des émissions de 45% des émissions à l'horizon 2030.
« L'UE a mis vingt-sept ans pour réduire ses émissions de 22%. Si l'on parvient à une réduction de 45% en 2030, les émissions auront été réduites de 23% en 13 ans. Nous sommes prêts, nous avons la technologie, la finance et la volonté politique », a-t-il déclaré, assurant que « l'Union européenne prend la lutte contre le changement climatique très au sérieux. » (Aminata Niang)