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Bulletin Quotidien Europe N° 12277
ACTION EXTÉRIEURE / Proche-orient

Pas de blanc-seing de Mme Mogherini et M. Safadi au plan américain

La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, et le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi, se sont montrés méfiants, lundi 17 juin, à propos du plan de paix américain pour le Proche-Orient, rappelant qu’un plan économique ne pouvait se substituer à une solution politique.

Le volet économique du plan américain devrait être dévoilé à la conférence de Manama (Bahreïn), organisée par les États-Unis les 25 et 26 juin, sans les Palestiniens, qui ont décidé de la boycotter.

« Nous avons dit clairement (…) ce n’est pas un mystère, que nous ne nous engagerions pas à soutenir une activité économique si le cadre politique dans lequel cela pourrait se produire n'est pas clair », a souligné la Haute Représentante devant la presse, à l'issue du 13e Conseil d'association UE-Jordanie. « Aucun plan économique n’est un substitut à un plan politique. Il peut aider à la paix, mais il faut d’abord arriver à cette paix et, pour cela, il faut s’occuper du droit légitime du peuple palestinien sur la base d’une solution à deux États », a renchéri M. Safadi, rappelant que le manque de croissance économique et le chômage, du côté palestinien, n’étaient pas les raisons du conflit, mais que c’étaient le conflit et l’occupation par Israël qui étaient responsables de la situation économique palestinienne.

L’UE - au niveau du commissaire à la Politique de voisinage, Johannes Hahn - et la Jordanie ont été invitées à participer à la conférence de Manama. Selon la Haute Représentante, l’UE pourrait être représentée à un niveau technique. Le ministre jordanien a précisé que son pays n’avait pas encore décidé s’il y serait ou non représenté.

« D'après ce que j'ai compris, l'atelier de Manama a pour but de présenter et d'expliquer en détails la partie économique du plan (...). Donc, nous irons là-bas pour continuer à comprendre son contenu, sans aucun engagement de notre part à l'appuyer ou à y participer », a prévenu Mme Mogherini. Même son de cloche du côté jordanien. « Si ce qui est offert est quelque chose qui, nous croyons, va créer la paix que nous cherchons tous (…), alors nous serons les premiers à l’encourager et le soutenir. Mais s’il ne le fait pas, nous dirons ‘non’ », a souligné M. Safadi, ajoutant qu’assister à la réunion ne voulait pas dire approuver le plan. Il a ajouté qu’il ne fallait pas non plus exagérer la signification de la rencontre.

Interrogée sur une participation financière de l’UE au plan américain, Mme Mogherini a prévenu « qu’en l'absence de détails ou d'un cadre politique général, l'UE n'avait ni l'intention ni la possibilité de s'engager dans une telle contribution ». « Pour l'Union, la contribution à un projet repose toujours sur une évaluation très concrète et détaillée de ce qu'est ce projet, dans quel cadre il s'inscrit, qui le met en œuvre sur le terrain, etc. Pour l'instant, il me semble que nous en sommes au stade de la présentation des idées », a-t-elle ajouté, rappelant que l’UE n’avait pas attendu ce plan américain pour apporter une aide économique. 

En attendant, ce mardi, la Haute Représentante était à Washington, où elle devait s’entretenir, entre autres, avec le conseiller spécial du président américain, Jared Kushner, qui prépare le plan américain. Mme Mogherini et M. Kushner s’étaient déjà rencontrés le 4 juin dernier à Bruxelles (EUROPE 12269/19). (Camille-Cerise Gessant)

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