Le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, n’a pas caché, mardi 18 juin, lors d’un débat au Forum économique de Bruxelles 2019 (Brussels Economic Forum 2019), une certaine déception quant au premier accord trouvé sur la création d’un budget de la zone euro. Il s’agit d’un début, selon lui, et il faudra aller beaucoup plus loin à l’avenir.
Interrogé sur sa vision pour restaurer le contrat social au sein de l’Union européenne, le commissaire a égrainé une série de mesures pour l’avenir. Parmi celles-ci, le commissaire a souhaité aller plus loin sur le budget de la zone euro, qui a fait l’objet d’un accord partiel lors de l’Eurogroupe, vendredi 14 juin (EUROPE 12275/1).
« Franchement, je ne suis pas entièrement satisfait », a confié le commissaire au sujet de l’accord partiel. « Nous avons besoin de plus d’ambition, nous avons besoin d’un véritable budget pour la zone euro, avec une fonction de stabilisation. Sans quoi, nous ne pourrons créer de convergence au sein de la zone euro », a-t-il averti. Et le commissaire d’aller encore plus loin : « nous pouvons penser à une assurance chômage et cela peut faire partie du budget de la zone euro ».
M. Moscovici a dessiné d’autres propositions durant son intervention, notamment de revoir les indicateurs sociaux utilisés dans le cadre du processus budgétaire 'Semestre européen' pour vraiment œuvrer à l’essor d’une « croissance inclusive ».
Par ailleurs, dans le cadre des négociations budgétaires, M. Moscovici a plaidé pour préserver un budget conséquent pour les fonds de cohésion et a insisté pour la poursuite de la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux.
Une capacité budgétaire de 17 milliards d’euros serait envisagée. Le sommet de la zone euro de vendredi 21 juin au matin sera consacré à l'avenir de la zone euro. Mais il ne devrait pas y avoir de négociations entre chefs d’État et de gouvernement, étant donné que cette discussion est liée au cadre de négociation sur les perspectives financières. (Pascal Hansens)