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Bulletin Quotidien Europe N° 12213
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Climat

Les eurodéputés conscients de l'urgence climatique, mais le PPE ne veut pas relever l'objectif 2030 de l'UE à 55%

Tandis que la mobilisation de la jeunesse pour le climat bat son plein et que la campagne pour les élections européennes est lancée, les eurodéputés comme les représentants de la Commission et du Conseil avaient tous l’urgence climatique et les attentes légitimes des jeunes à la bouche, mercredi 13 mars, à Strasbourg, lors d’un débat prioritaire sur l'action climatique demandé par le groupe des Verts/ALE. 

Au-delà des grands mots, des divergences sont apparues sur la question du relèvement de l’objectif 2030 de l’UE, la droite européenne préférant en rester à l’offre sur la table et approfondir la vision d’une économie européenne neutre pour le climat à l’horizon 2050. La communication « Une Planète propre pour tous » était au cœur du débat auquel ont pu assister, sans y participer, soixante jeunes du mouvement Youth4Climate de 20 pays. Une résolution non contraignante sera adoptée jeudi par le PE (EUROPE 12198/3) à la veille d’une grève pour le climat dans toute l’Europe. 

Melania-Gabriela Ciot, secrétaire d’État roumaine aux Affaires européennes a indiqué aussi que le débat jusqu'ici au Conseil de l'UE sur la vision 2050 avait mis en exergue l'importance de développer une stratégie européenne de long terme de façon holistique et que le Conseil européen de mars donnera des orientations politiques et des priorités pour poursuivre le débat. 

Le commissaire européen à l’Énergie et à l'Action pour le climat, Miguel Arias Cañete, a rappelé que la législation de l'UE devrait permettre d'atteindre une réduction de 45 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030 (par rapport à 1990) et que la transition vers une économie neutre du point de vue du climat à l'horizon 2050 est « non seulement possible, mais ouvre beaucoup d'opportunités économiques ». 

Au nom du groupe PPE, l’Allemand Peter Liese a estimé qu'ancrer la neutralité climatique dans les politiques de l'UE est une bonne chose. « Mais au Conseil, il y a des pays qui n'en veulent pas », a-t-il ajouté. « Pour le PPE, un objectif de réduction des émissions de 55 % à l'horizon 2030, ce n'est pas sûr que ce soit une bonne chose », a-t-il dit. Selon lui, « si nous exagérons, nous risquons de fournir des arguments » à ces pays récalcitrants. Insistant sur l'importance d'éviter les délocalisations d'entreprises européennes, il a indiqué que son groupe veut « la protection du climat et l'emploi ». 

« On parle ici d'actions à entreprendre maintenant. Si le climat avait été une banque, il aurait déjà été sauvé. Les jeunes veulent de l'action. Je n'ai entendu aucun jeune dire qu'il voulait une vision 2050 », a rétorqué Bas Eickhout, au nom des Verts/ALE. « L'avenir de l'Europe, c'est des emplois verts. Il faut parler de la transition verte », a-t-il dit, appelant l'UE à lancer des investissements massifs comme la Californie, l'Inde ou la Chine, à rendre l'agriculture plus verte et à se doter des infrastructures requises pour des transports propres. « C'est de l'avenir des jeunes que l'on parle », a renchéri Gerben-Jan Gerbrandy (ADLE, néerlandais) en plaidant pour un objectif de 55 % à l'horizon 2030. 

« Nous sommes déterminés à orienter nos programmes en fonction des objectifs de développement durable », a assuré Udo Bullmann au nom du groupe S&D, insistant sur l'importance de politiques régionale et sociale engagées. Il estime que le mouvement des jeunes pour le climat est « devenu un mouvement social » auquel les députés devraient participer. 

Pour une transition socialement juste, Jadwiga Wiśniewska (CRE, polonaise) veut un soutien aux pays au mix énergétique fondé sur le charbon (80 % du mix polonais contre 2 % en France). « Les jeunes savent ce qu'est l'exclusion énergétique », a-t-elle précisé. 

 Lynn Boylan (GUE/NGL, irlandaise) a rappelé qu'il faut rester en dessous de 1,5° de réchauffement, « ce qui exige un changement rapide sans précédent ». De l'avis d'Eleonora Evi (ELDD, italienne), « nous sommes en train de mettre notre planète au bain-marie ». Selon elle, l'Europe « n'a rien fait », puisque « les objectifs sont sur le papier et qu'on ne parvient pas à réduire la hausse des températures ». Selon Joëlle Mélin (ENL, française), il faut « arrêter de dire que l'homme est responsable de tout. Il faut rattraper le retard technologique et refuser la mondialisation de l'eau, de l’air et du sol ». (Aminata Niang)

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