Les membres du Parlement britannique ont rejeté, mercredi 13 mars, par 321 voix contre 278, l’hypothèse que le Royaume-Uni puisse quitter l’Union européenne de manière désordonnée vendredi 29 mars et en toute circonstance.
Plus tôt, les députés avaient une première fois rejeté, à une courte majorité de 4 voix (312 voix contre 308), la possibilité d'un Brexit sans accord « en toute circonstance », comme le stipulait l’amendement de la députée conservatrice, Caroline Spelman, et du député travailliste, Jack Dromey.
Ce vote, bien que non contraignant, écarte ainsi définitivement au niveau du Parlement britannique l’hypothèse d’un retrait britannique sans accord, bien que les Brexiters purs et durs soulignent qu'à ce stade, la loi de retrait britannique n'a pas changé.
La voie est désormais ouverte à un nouveau vote, jeudi 14 mars, sur une possible extension du délai de négociation de deux ans inscrit à l’article 50 du Traité.
La Première ministre, Theresa May, a indiqué que, si les députés se mettent rapidement d'accord sur une sortie ordonnée de l'UE, elle requerra une extension « courte et technique » du délai de négociation. Sinon, elle préconisera une extension « bien plus longue », qui obligera le Royaume-Uni à participer aux élections européennes, fin mai.
« Je ne pense pas que ce soit le meilleur résultat », a-t-elle souligné.
Toute extension devra in fine être approuvée à l’unanimité des Vingt-sept, vraisemblablement lors du sommet européen des 21 et 22 mars, à une semaine de la date programmée du Brexit.
Le gouvernement de Theresa May avait préparé une motion différente se contentant de demander aux députés britanniques d’exclure l'hypothèse d'un ‘no deal’ au 29 mars, mais leur demandant aussi de reconnaître qu’un Brexit sans accord pourrait intervenir par défaut, faute d’accord avec l’UE.
Les députés ont aussi rejeté nettement (374 contre 164 pour) le compromis dit 'Malthouse', qui demandait une extension de la période de transition post-Brexit (prévue par l’accord) jusqu’à fin 2021 et un report du Brexit au 22 mai, ainsi qu'un rejet du filet de sécurité pour l'Irlande du Nord. EUROPE y reviendra. (Solenn Paulic)