Le Parti vert européen ('European Green Party' ou EGP) a donné le point de départ, mercredi 6 mars à Bruxelles, à sa campagne en vue des élections européennes, qui se tiendront du 23 au 26 mai prochain.
Les deux intervenants majeurs de cet événement étaient les eurodéputés écologistes Bas Eickhout (néerlandais) et Ska Keller (allemande), élus fin novembre co-Spitzenkandidaten des familles politiques vertes pour ces élections européennes (EUROPE 12145).
« Ces élections européennes vont être vraiment cruciales, peut-être les plus importantes », a notamment déclaré Mme Keller, en faisant référence aux approches radicalement différentes prises par les familles politiques en amont de ces élections.
Reprenant la rhétorique utilisée lors du Congrès des Verts de Berlin de novembre (EUROPE 12146), M. Eickhout a rappelé deux points-clefs pour son courant : « Nous avons besoin d’une Europe plus sociale, nous avons besoin d’une Europe verte », a-t-il ainsi affirmé.
Parmi les douze priorités identifiées par le Parti vert européen (EUROPE 12147, 12139), trois semblent se dégager comme étant tout particulièrement fondamentales pour les co-Spitzenkandidaten : la crise climatique et environnementale, les problématiques sociales ainsi que la protection de la démocratie et de l’État de droit dans l’Union.
Interrogé par EUROPE sur le nombre de sièges auxquels la famille écologiste européenne pourrait prétendre au sein du prochain Parlement, Reinhard Bütikofer (allemand), coprésident du parti européen, a listé des situations nationales différentes.
Ainsi, d’après lui, les partis verts devraient obtenir des résultats similaires à ceux de 2014 dans huit États membres et ils ont de bonnes chances d’en obtenir de meilleurs dans sept États, notamment en Bulgarie et en Pologne. Il s’est attendu à ce que les résultats soient plus faibles en Suède et en Autriche. À l’inverse, il s'est dit très confiant dans le fait que ceux-ci seront meilleurs dans neuf États membres, notamment en Allemagne, en France, au Portugal ou encore en République tchèque.
Mme Keller s’est en tout cas dite « optimiste » quant à une hausse du nombre de députés verts au sein du prochain PE, malgré la possible perte de six députés britanniques en raison du Brexit.
Enfin, les dirigeants verts se sont montrés plutôt dubitatifs vis-à-vis de la tribune publiée par Emmanuel Macron, le président français, dans des rédactions de toute l’Europe le 5 mars (EUROPE 12207).
« L’initiative de Macron est une avancée dans la campagne, ce qui est bien, mais la mesure de son utilité pour parvenir aux buts proclamés est assez peu claire », ont notamment affirmé M. Bütikofer et Monica Frassoni, également coprésidente de l’EGP. Ils lui ont reproché, entre autres, une approche trop intergouvernementale. (Lucas Tripoteau)