login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12208
Sommaire Publication complète Par article 21 / 32
ACTION EXTÉRIEURE / Unrwa

M. Amanya demande à l’UE de poursuivre son soutien financier

Le directeur des Affaires de l’UNRWA (Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens) en Syrie, Michael Ebye Amanya, a appelé, mercredi 6 mars, l’Union européenne à poursuivre son soutien à l’organisation, à quelques jours de la Conférence 'Bruxelles III' sur la Syrie.

« Nous avons un grand défi devant nous : le financement », a-t-il expliqué à KUNA et EUROPE, demandant des contributions supplémentaires de la part de l’UE. Il a rappelé que l’agence onusienne avait un « rôle de stabilisation » dans une « région volatile ». 

L’UNRWA a lancé, en janvier 2019, un appel pour un financement de 221 millions de dollars pour aider les réfugiés palestiniens en Syrie, en réponse à la crise syrienne. Si 120 000 réfugiés palestiniens ont fui la guerre en Syrie, 438 000 sont toujours dans le pays, dont 52 % de femmes et 31 % d'enfants. 95 % d'entre eux ont besoin d'une aide humanitaire durable. En 2018, seuls 22 % des besoins de financement de l'Agence onusienne ont été couverts. 

En 2018, malgré l’arrêt des financements américains et grâce au soutien de l’UE, l’UNRWA a été capable de poursuivre l’assistance financière en argent comptant aux réfugiés syriens, même si le montant a dû être réduit. Plus de 290 000 réfugiés palestiniens touchent désormais 23 dollars par mois. « C’est un programme très important, il est important que l’UE continue à le soutenir », a-t-il estimé. Selon le directeur, si les Palestiniens ne sont plus aidés, ils pourraient prendre des « mesures désespérées » et notamment tenter de rejoindre l’Europe par bateau. 

Interrogé par EUROPE sur le débat en cours en Europe sur la reconstruction de la Syrie, M. Amanya a estimé qu’il fallait exclure de ce débat la reconstruction humanitaire. « Des aspects de la reconstruction doivent attendre et d’autres ne peuvent pas attendre. La communauté internationale doit exclure la reconstruction humanitaire du débat », a-t-il estimé, soulignant, par exemple, la nécessité de reconstruire des écoles, des cliniques, des maisons pour les personnes les plus vulnérables. « Le conflit a eu un impact dévastateur », a-t-il expliqué, précisant que deux des plus grands camps, dont celui de Yarmouk, où vivaient les réfugiés palestiniens avaient été détruits. 

L’ONU estime que jusqu’à présent, les conditions pour un retour sûr, digne et durable des réfugiés ne sont pas réunies. En 2018, 1 400 réfugiés palestiniens sont rentrés en Syrie, 90 depuis la Jordanie et, selon un sondage de l’ONU, si 94 % des réfugiés palestiniens actuellement au Liban veulent rentrer en Syrie, seuls 4 % souhaitent le faire à brève échéance. « Nous n’encourageons pas au retour, car nous pensons que les conditions ne sont pas encore réunies, mais nous sommes prêts à soutenir ceux qui reviennent », a-t-il expliqué, précisant notamment que l’UNRWA peut les aider également concernant des conseils légaux, par exemple pour revendiquer une propriété. 

La Haute Représentante de l’UE a, à plusieurs reprises, expliqué que la participation de l’UE à la reconstruction allait de pair avec une transition politique. M. Amanya a précisé que d’autres, tels que la Russie, la Chine ou l’Iran, « pariaient sur la reconstruction ». (Camille-Cerise Gessant)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
SOCIAL
INSTITUTIONNEL
ACTION EXTÉRIEURE
COUR DE JUSTICE DE L'UE
BRÈVES
CARTE BLANCHE