Le commissaire européen aux Migrations, Dimitris Avramopoulos, a de nouveau demandé aux États membres, le 6 mars à Bruxelles, de poursuivre leurs efforts pour adopter le paquet 'asile', la réforme du système européen d’asile qui permettra de laisser une « Europe protégée » aux futures générations.
Il leur a demandé, à ce titre, de montrer de « la volonté politique », alors que la migration va constituer l’un des sujets majeurs des élections européennes. Le commissaire s’exprimait à l’occasion de la publication d’un rapport d’étape sur l’agenda ‘Migration’ de la Commission, faisant le point sur les actions menées au cours des 4 dernières années.
Si le temps des crises est « derrière nous » avec des arrivées en deçà du niveau de 2015, a-t-il dit d’emblée, les Européens ne doivent pas se reposer sur ces bons chiffres, la pression migratoire restant particulièrement forte en Espagne. Il faut, en ce sens, saluer les efforts du Maroc pour prévenir les arrivées via la Méditerranée occidentale, a indiqué M. Avramopoulos, et intensifier l’aide apportée à ce pays.
Il faut, par exemple, poursuivre la mise en œuvre du programme de 140 millions d'euros visant à soutenir la gestion des frontières et reprendre les négociations avec le Maroc sur la réadmission et l'assouplissement du régime de délivrance des visas, explique la Commission dans un communiqué.
Le commissaire a aussi rappelé qu’en dépit de la baisse des arrivées en Italie via la Libye, les conditions dans les centres de rétention de ce pays restaient « inacceptables ». Il faut donc soutenir les efforts pour évacuer les migrants de ces centres libyens vers d’autres pays aux alentours ou bien soutenir les opérations de réinstallation vers l’UE.
Pour la Grèce, le commissaire a relevé que les conditions de vie des migrants dans le pays restaient toujours problématiques avec des difficultés dans la mise à disposition d’hébergements adéquats, selon la Commission, mais aussi des difficultés dans le traitement des demandes d’asile. La préoccupation du commissaire porte surtout sur les mineurs non accompagnés.
Enfin, comme il l’avait fait avant le Sommet européen des 13 et 14 décembre, le commissaire a redemandé aux États membres de poursuivre les discussions sur les dispositifs temporaires de débarquement de migrants et la Commission y apportera son « plein soutien ». (Solenn Paulic)