Après les ingérences étrangères dans les élections présidentielles américaines de 2016 ou encore dans le référendum sur le Brexit, le Parlement européen est bien conscient que les élections européennes de mai 2019 ne seront sans doute pas épargnées. À sept mois de cette échéance cruciale, les députés veulent être prêts.
Mercredi 14 novembre à Strasbourg, les eurodéputés ont débattu des moyens de renforcer la résilience de l’UE face aux ingérences étrangères dans les élections. Le sujet a été mis à l’ordre du jour à la demande du groupe PPE.
« Il y a en permanence des ingérences dans le processus et nous sommes incapables d’en identifier les auteurs ni même le dessein », a déclaré Paulo Rangel (PPE, portugais). Il a estimé que les États membres devaient revoir les procédures mises en place par les entités publiques responsables du processus électoral aussi bien au niveau national qu’au niveau européen.
L’ennemi public, que l’on nomme maintenant sans détour, c’est la Russie. Le pays serait responsable de 80 % des activités de désinformation en Europe. Les députés ont d’ailleurs été nombreux à demander à l’UE de mieux doter en ressources financières et humaines sa ‘East StratCom Task Force’ contre la propagande russe.
« La source la plus souvent citée d'activités interférant avec les élections en Europe est la Russie, mais d'autres apprennent de la Russie. Nous avons observé que d'autres pays et intérêts privés augmentent leurs capacités d'ingérence électorale », a déclaré la commissaire européenne à la Justice, Věra Jourová.
Jacques Colombier (ENL, français) a, pour sa part, estimé que les européistes avaient trouvé, en accusant la Russie d'ingérence, une explication à leur « défaite annoncée » aux élections européennes.
Globalement, les députés ont accueilli favorablement le paquet de mesures législatives présenté par la Commission en septembre (EUROPE 12094) afin de garantir des élections libres et sûres.
Claude Moraes (S&D, britannique) a, quant à lui, estimé que l’heure ne devait plus être aux paroles, mais aux actes. Ce faisant, il a rappelé la liste de requêtes fixées dans la résolution du PE sur l’affaire Cambridge Analytica, notamment l’application de garanties électorales conventionnelles en ligne (EUROPE 12125).
« La protection des élections au Parlement européen [...] est notre tâche permanente et notre responsabilité commune », a pour sa part assuré la Présidence autrichienne du Conseil de l’UE. (Marion Fontana)