La commission spéciale du Parlement européen sur le terrorisme (TERR) a adopté, mardi 13 novembre dans la soirée, par 23 voix contre 2 et 5 abstentions son rapport énumérant une série de pistes permettant de prévenir les actes terroristes dans l’UE.
Préparé par Monika Hohlmeier (PPE, allemande) et Helga Stevens (CRE, belge) ce rapport insiste sur le fait que les États membres doivent redoubler d’efforts pour partager les informations entre eux et avec Europol, traquer les flux financiers finançant le terrorisme, mais aussi mieux prendre en compte les victimes.
Le rapport contient, entre autres, l'idée d'une liste européenne des prêcheurs de haine permettant aux États membres de savoir qui a été repéré au niveau national. Il faudra aussi mettre au point des critères pour mesurer l’efficacité des programmes de déradicalisation.
Pour contourner le chiffrement des communications, par exemple sur les messageries comme WhatsApp ou Messenger, et répondre aux « difficultés des États membres pour accéder aux informations échangées », comme le souligne le rapporteur belge, il s’agira de créer un 'hub de déchiffrement' européen, un centre d’expertise au sein d’Europol capable de décrypter ces messages.
Lien entre terrorisme et immigration ?
Le rapport contient néanmoins des éléments que la délégation socialiste française, notamment, avait jugés inacceptables le jour du vote, un lien étant fait, par exemple, entre migration et terrorisme, selon cette délégation.
Ces députés jugent, entre autres, déplorable ce passage du rapport, « considérant que les auteurs d’attentats terroristes dans l’Union européenne sont la plupart du temps des ressortissants européens, souvent des migrants de deuxième ou de troisième génération qui ont grandi dans les États membres qu’ils visent, ainsi que des étrangers qui, dans certains cas, ont résidé pendant une longue période dans l’État membre visé ».
Le rapport, qui sera adopté lors de la session plénière de décembre, ne demande plus de commission permanente sur le terrorisme, mais demande à ce que le portefeuille de l’Union de commissaire à la Sécurité, actuellement dévolu au Britannique Julian King, soit pérennisé dans la prochaine Commission.
Nathalie Griesbeck (ADLE, française), présidente de cette commission spéciale, dont le mandat s'achève après un an, a salué un travail solide et des mesures concrètes pour renforcer la sécurité des citoyens. Elle a aussi souligné le caractère symbolique du vote en commission, trois ans jour pour jour après les attentats parisiens au Stade de France et au Bataclan. (Solenn Paulic)