Le Conseil européen des 28 et 29 juin ne devrait pas débattre de la substance des propositions sur le cadre financier pluriannuel (CFP) de l’UE pour 2021-2027, mais plutôt de l’agenda des négociations.
« La réunion ne devrait pas porter sur la substance, mais sur le timing », a indiqué une source européenne, mercredi 27 juin.
Certains dirigeants de l’UE pourraient rappeler toutefois leurs lignes rouges, en marge du Conseil européen. Les pays dits 'contributeurs nets' au budget de l’UE pourraient s’opposer à l’augmentation du budget de l’UE proposée par la Commission. Les pays 'amis de la Politique agricole commune (PAC)', comme la France et l’Espagne, pourraient protester contre la baisse de 5 % des dépenses agricoles 2021-2027 et les pays dits 'de la cohésion' pourraient aussi juger inacceptable la réduction de 7 % des crédits consacrés à la Politique de cohésion.
Le rapport de progrès de la Présidence bulgare du Conseil montre bien les divergences qui existent au Conseil (EUROPE 12049).
La Commission européenne en tête souhaite qu’un compromis intervienne avant les élections de mai 2019 sur le CFP post-2020. Mais les consultations faites par Donald Tusk, président du Conseil européen, auraient révélé que ce calendrier ambitieux serait difficile à tenir, rapportent des sources européennes.
Ainsi, le paragraphe des conclusions du Conseil européen devrait être assez neutre sur les échéances, se contentant de prendre note des propositions de la Commission et d’inviter le Conseil et le Parlement européen à examiner les propositions « de manière exhaustive et dans les meilleurs délais », selon un projet de conclusions vu par EUROPE.
Dans sa lettre aux dirigeants de l’UE, M. Tusk ne mentionne même pas le dossier du CFP parmi les sujets de ce Conseil européen. (Lionel Changeur, avec Camille-Cerise Gessant)