Les États membres s'apprêtent à exprimer leur inquiétude face à la lenteur des négociations sur le Brexit, lors du deuxième jour du Conseil européen, vendredi 29 juin, et comptent souligner leur volonté de progresser d'ici au mois d'octobre, date à laquelle l’UE et Londres sont censés s’entendre sur l’accord de retrait britannique, dont la période de transition post-Brexit, ainsi que sur le cadre des futures relations.
Des conclusions provisoires, datant de mardi 26 juin, insistaient, à ce titre, sur la nécessité pour le Conseil européen d'envisager toutes les éventualités, y compris une absence d’accord. Car la crainte est palpable parmi les diplomates. « Franchement, il n'y a pas de progrès et il y a matière à s'inquiéter », a résumé un haut diplomate, mercredi 27 juin.
Les Vingt-sept devraient ainsi demander à Theresa May, le Premier ministre britannique, de présenter au plus vite de nouvelles pistes sur la future relation avec l’UE, afin notamment de régler le casse-tête irlandais. La dirigeante britannique s’entretiendra d’ailleurs avec eux jeudi soir, lors du dîner au cours duquel elle les informera des derniers développements.
Pour rappel, le Premier ministre britannique doit en théorie présenter le 9 juillet un Livre blanc sur la future relation du Royaume-Uni avec l'UE. Objectif : régler certains aspects qui manquaient dans le filet de sécurité britannique présenté le 7 juin (EUROPE 12036), notamment les aspects règlementaires et les liens dans certains domaines avec le marché unique.
Côté européen, on espère commencer « à travailler début juillet sur cette future relation », a ajouté cette source.
Pour l'Irlande, en tout cas, ce sommet sera l’occasion de rappeler certains points fondamentaux, à savoir que, sans accord, le Royaume-Uni ne pourra bénéficier d'une période de transition. Et sans filet de sécurité juridiquement viable, « il n’y aura pas d’accord de retrait », a signalé une source diplomatique, mercredi 27 juin.
Selon un diplomate, les négociations sur le Brexit ne traversent pas une « phase très constructive », le Royaume-Uni proposant des choses « farfelues » et l’UE ne faisant que recadrer les propositions. « Certains soupçonnent que les Britanniques prennent le dossier irlandais en otage », a-t-il confié. Avant de nuancer : « si j’étais Britannique, je me demanderais pourquoi céder sur ce point quand je n’obtiens rien ailleurs ». (Solenn Paulic)