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Bulletin Quotidien Europe N° 12050
CONSEIL EUROPÉEN / Migration

Les Vingt-huit appelés à approuver le concept de « plates-formes de débarquement de migrants » dans les pays tiers

Malgré une forte diminution des flux migratoires vers l'Union européenne depuis 2015, les Européens se retrouvent en situation de crise, jeudi 28 juin à Bruxelles, à nouveau confrontés à leur incapacité à trouver une réelle solution européenne pour affronter le défi migratoire. 

Les États membres seront notamment appelés à valider le concept de « plates-formes régionales de débarquement » de migrants hors de l'Union européenne que la Commission européenne a proposé la semaine dernière dans sa note au Conseil européen (EUROPE 12046). Ce feu vert permettra de lancer les travaux d'approfondissement de ce concept. 

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a insisté sur ce « schéma », mercredi 27 juin, dans sa lettre d’invitation aux dirigeants européens. Il s'agit en priorité de « casser le modèle commercial des passeurs », a détaillé une source diplomatique. 

Il sera demandé aux États membres d’accepter que ce concept soit étudié plus en profondeur avec l’Organisation internationale des Migrations (OIM) et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), qui ont déjà indiqué leur disponibilité en ce sens. 

Les pays tiers « pertinents », selon Donald Tusk, seront impliqués. Car ces plates-formes régionales destinées à recueillir les migrants sauvés en mer se trouveront « en-dehors d’Europe ». 

La Tunisie, le Maroc, l'Algérie sont dans les esprits. 

La Hongrie est ainsi tout à fait d’accord avec le concept de plates-formes de débarquement hors d’Europe, qui correspondent à l’« identique » à ce que prône Budapest depuis plus de deux ans, a dit une autre source diplomatique. 

Alternativement, la France propose la mise sur pied de centres fermés dans l'UE. Elle note que la position de l'Italie, jusqu'à présent hostile à cette idée, évolue lentement. 

Deuxièmement, M. Tusk demandera aux États membres de s’entendre sur un instrument budgétaire, une « facilité », pour gérer spécifiquement la migration et la gestion des flux comme l’aide aux pays tiers. Cet instrument sera prévu dans le futur cadre financier pluriannuel post-2020 et suffisamment flexible pour parer à toutes les éventualités. 

Troisième piste soulevée : - renforcer l’aide que l’UE apporte aux gardes-côtes libyens, qu’elle a commencé à former, pour qu’ils interceptent encore plus de bateaux dans leurs eaux ; - coopérer davantage avec les pays de transit et d’origine. 

Pour M. Tusk, les Européens doivent vraiment être en mesure de décider « qui entre sur le territoire européen » et ne pas laisser ce seul discours aux forces populistes. Un échec en la matière serait « une manifestation de faiblesse et, par-dessus tout, cela donnerait l’impression que l’Europe n’a pas de frontière extérieure », a-t-il ajouté. 

L'Allemagne insistera aussi sur l'importance de limiter les mouvements secondaires de migrants à l'intérieur de l'espace Schengen, via la négociation d'accords bilatéraux entre États membres. 

La réforme du règlement dit 'de Dublin' sur l'asile dans les limbes

Le président du Conseil européen ne souhaite pas évoquer la dimension interne de la politique migratoire. La réforme en cours du règlement dit 'de Dublin' sur l'asile ne fait ainsi a priori plus partie des questions que M. Tusk souhaite évoquer jeudi soir. 

D'après lui, cette révision a gaspillé trop d'énergie, a relaté cette source diplomatique. 

La réunion des ministres de l’Intérieur, début juin à Luxembourg (EUROPE 12034), avait en effet montré qu’un consensus sur le projet de règlement serait très difficile à atteindre. 

La proposition de compromis bulgare, qui recherche l’équilibre entre la solidarité (relocalisation de demandeurs d'asile au sein de l'UE) et la responsabilité (durée de prise en charge d'un demandeur d'asile) ne recueillerait pas, à l'heure actuelle, une majorité qualifiée des États membres. 

« Il n'y a pas que la Hongrie ou la Pologne qui bloquent », a dit cette source diplomatique, pour qui les leaders veulent agir « sur la base du consensus ». 

Le président du Conseil européen propose donc aux Vingt-huit de demander à l’Autriche, qui assumera la présidence du Conseil de l'UE au deuxième semestre, de poursuivre les travaux. 

« Mais on ne fixe plus de date limite pour parvenir à un consensus », a dit cette source, contrairement au délai de six mois fixé par les leaders en décembre 2017. 

La seule percée sur le volet interne de la politique d’asile serait que les Vingt-huit acceptent d’accélérer la finalisation de 5 textes du paquet 'asile' (qualifications, Eurodac, Agence européenne d’asile, conditions d’accueil et réinstallation), sans attendre un accord sur les deux autres textes du paquet législatif (EUROPE 12048). 

Mais, selon une autre source, une discussion pourrait avoir lieu sur cette date limite et sur l’opportunité de fixer un nouveau cap pour parvenir à réformer définitivement le système européen d'asile. 

Mercredi, plusieurs pays membres ont décidé, en l'absence de cadre européen clair, d'accueillir une partie des migrants du Lifeline, ce bateau d’une ONG allemande. L’Irlande va en prendre 25 et la Belgique 15. La France ainsi que Malte ont fait des offres. (Solenn Paulic et la rédaction)

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