Le Conseil norvégien des consommateurs a dévoilé, mercredi 27 juin, une étude très critique sur les « astuces » utilisées par les géants de l’Internet, particulièrement Facebook et Google, pour recueillir le consentement de leurs utilisateurs en matière de données personnelles.
Au cœur des critiques : des paramètres par défaut intrusifs qui ne donnent qu’une « illusion de contrôle » et des choix « à prendre ou à laisser » pour les consommateurs. L’étude conclut que ces astuces, utilisées au nom du respect des règles en matière de consentement du règlement général sur la protection des données (GDPR), poussent finalement les utilisateurs à accepter des options moins respectueuses de leur vie privée.
« Ces entreprises nous manipulent pour que nous partagions des informations sur nous-mêmes. Cela montre un manque de respect pour leurs utilisateurs et contourne l'idée de donner aux consommateurs le contrôle de leurs données personnelles », a expliqué Finn Myrstad, le directeur des services numériques de l'organisation.
Alors que plusieurs études montrent que les utilisateurs changent rarement les paramètres présélectionnés, Facebook et Google auraient volontairement choisi de mettre par défaut les paramètres les moins favorables à la vie privée. À l’inverse, le rapport montre que les paramètres les plus respectueux exigent beaucoup plus de « clics » avant d’être atteints et sont souvent cachés.
Dans une lettre adressée le même jour à la présidente du Comité européen de la protection des données (EDPB), Andrea Jelinek, le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), Consumers International, Privacy International, ANEC et le Conseil norvégien des consommateurs lui ont demandé de se pencher sur les pratiques dévoilées par ce rapport, estimant qu’elles ne sont pas conformes au règlement GDPR.
Ces inquiétudes ne sont pas nouvelles et ont fait l’objet d’une vague de plaintes depuis l’entrée en vigueur du règlement GDPR (EUROPE 12029). Voir l’étude à la page : https://bit.ly/2N1TRRC (Marion Fontana)