Il existe toujours « un risque systémique » d’atteinte aux principes de l’État de droit en Pologne et le gouvernement polonais n’a rien avancé de plus, mardi 26 juin à Luxembourg, pour éliminer cette crainte.
C’est le constat qu’a dressé mardi soir à Luxembourg le premier vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, à l’issue de l’audition sur l’État de droit au cours de laquelle Varsovie devait répondre à une série de questions sur ses récentes réformes judiciaires. La Commission garde sa « porte ouverte » et se tient prête à aider Varsovie, mais « on a toujours besoin de décisions » de la part du gouvernement polonais, a assuré Frans Timmermans.
L’audition, retardée, a tout de même duré près de trois heures, comme cela était prévu au départ. « Elle a permis d’entendre les positions très claires » des deux parties et « je suis convaincue que le dialogue peut se poursuivre », a réagi, de son côté, Ekaterina Zakharieva, la ministre bulgare des Affaires étrangères. Treize pays ont pris la parole.
La prochaine étape sera le Conseil 'Affaires générales' du mois de septembre « pour l’évaluation de la situation et les étapes à suivre », a ajouté la ministre. Ce sera aux Autrichiens de décider de l’organisation.
« On était bien préparé à cette audition et le gouvernement polonais aussi », a ajouté Frans Timmermans, précisant que des questions précises et très pointues avaient été posées à Varsovie.
L’attitude des États membres n’est pas « à la confrontation », a assuré le responsable européen, mais il « faut régler cette question à l’européenne, la Pologne doit jouer son rôle historique dans la construction européenne ». Il faut « donc veiller à ce qu’il n’y ait plus de menaces systémiques », a plaidé le premier vice-président.
Le ministre polonais des Affaires européennes, Konrad Szymański, a estimé, de son côté, que l’exercice avait permis à son pays d’expliquer précisément et très concrètement les démarches du gouvernement et qu’en ce sens, il avait été utile. « Nous espérons que la réunion nous rapprochera de la fin du conflit sur la primauté du droit », a-t-il déclaré. Mais Varsovie estime qu'il n'est pas nécessaire d'organiser une nouvelle audition de ce type. Pour Frans Timmermans, il y a cependant urgence, notamment à partir du 3 juillet, date à laquelle une quarantaine de juges de la Cour suprême pourraient être contraints à quitter leur poste. Sur ce point, le responsable européen serait d’ailleurs sur le point de préparer une procédure d’infraction, selon les médias polonais. EUROPE y reviendra. (Solenn Paulic)