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Bulletin Quotidien Europe N° 11948
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INSTITUTIONNEL / Avenir de l'ue

László Trócsányi soutient l’idée d’une Europe à plusieurs vitesses

Le ministre hongrois de la Justice, László Trócsányi, a appuyé l’idée d’une « Europe à plusieurs vitesses », dès lors qu’il est possible de « passer d’une vitesse à l’autre », lors d’une conférence consacrée aux 60 ans de l’entrée en vigueur des traités de Rome, jeudi 25 janvier à Nancy (France).

Notant que plusieurs conceptions de l’Union européenne et de l’identité nationale avaient aujourd’hui cours en Europe, compte tenu des histoires différentes des États membres, László Trócsányi n’a pas cherché à rejeter l’idée d’une Europe à plusieurs vitesses. Il s’agit cependant, pour lui, d’éviter une étanchéité entre les différents niveaux d’intégration. « Je veux éviter les murs », a-t-il déclaré devant quelques dizaines de personnes. Pour ce faire, le développement des coopérations renforcées est souhaitable, à l'instar de la mise en place du Parquet européen (EUROPE 11882).

Ce modèle d’intégration européenne a, par ailleurs, été repris par plusieurs participants à l’événement.

Pasquale Baldocci, ancien ambassadeur d’Italie et témoin de la signature des traités de Rome en 1957, a partagé ses observations sur la construction européenne. Il a rejeté le « terme péjoratif » attaché à cette expression d’Europe à plusieurs vitesses, qui est pour lui un élément-clef de la construction européenne. « Tous [les États] ont contribué de manière sincère [à la construction européenne], mais avec un passé différent », a-t-il ainsi affirmé. M. Baldocci a notamment vanté les bienfaits du couple franco-allemand, essentiel, selon lui, à la construction européenne.

Stephan Toscani, ministre des Finances et des Affaires européennes de Sarre et membre de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), le parti d’Angela Merkel, a également pointé la nécessité d’un couple franco-allemand fort.

La refondation de l’Union européenne. Ces questions s’inscrivaient dans le cadre plus large du futur de l’Union européenne.

Yves Petit, professeur de droit de l’Union européenne à l’Université de Lorraine, rappelant les dernières crises majeures ayant touché l’UE (euro, migration, Brexit), a plaidé pour une « refondation de l’Europe ». D’après lui, l’évolution de l’Union économique et monétaire (UEM) devra être observée de près. Et les propositions d’Emmanuel Macron, formulées lors du discours de la Sorbonne le 26 septembre dernier (EUROPE 11870), celles de la Commission européenne, dans le cadre du paquet de propositions, dévoilé le 6 décembre dernier (EUROPE 11920), ou encore les suggestions de 14 économistes franco-allemands du 18 janvier dernier (EUROPE 11941) sont autant de solutions intéressantes.

Interrogé par EUROPE sur les propositions de la Commission, M. Toscani s’est positionné pour une communautarisation du Mécanisme européen de stabilité (MES) et a insisté sur la nécessité de parachever l’Union bancaire en zone euro.

Certaines propositions, notamment celles concernant la création d’un ministre européen des Finances, ont reçu un écho favorable de M. Baldocci ou encore de Laurent Hénart, le maire de Nancy issu du Parti radical qui soutient la politique menée par le gouvernement français, et notamment ses propositions de refonte européenne. Il a ainsi plaidé pour la création de listes transnationales au Parlement européen à partir des élections européennes de 2019.

Les députés de la commission ‘affaires constitutionnelles’ du Parlement européen ont voté, mardi 23 janvier, un rapport d’initiative reprenant cette idée (EUROPE 11945). (Lucas Tripoteau)

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