Les ministres de l’Agriculture de l’UE se retrouvent lundi 29 janvier à Bruxelles pour un premier Conseil sous la présidence de leur homologue bulgare, Roumen Porojanov. Principaux points à l’ordre du jour : l’avenir de la PAC ; la situation des marchés, et notamment le problème des stocks de poudre de lait ; les questions commerciales internationales, en particulier les négociations avec le Mercosur.
Les ministres débattront de la communication de la Commission européenne sur l’avenir de la PAC après 2020 qui leur avait été présentée en décembre (EUROPE 11915) et qui propose de déléguer dans une large mesure la mise en œuvre de cette politique au niveau national, voire régional. Deux questions leur sont posées. D’une part, « Comment assurer la pérennité et le renforcement de la valeur ajoutée de la PAC et quels seraient les principaux objectifs à fixer au niveau de l’UE pour y parvenir ? » Lors du Comité spécial Agriculture (CSA), le 22 janvier, les experts des Vingt-huit ont déjà apporté quelques réponses sur ce point, estimant que les objectifs traditionnels de la PAC doivent rester prioritaires : un revenu équitable pour les agriculteurs, la sécurité alimentaire, la fourniture de biens publics, notamment la préservation de l’environnement.
D'autre part : « Quel devrait être le niveau adéquat de subsidiarité pour les différents instruments politiques afin de préserver le caractère commun de la PAC tout en laissant une certaine flexibilité aux États membres ? Les plans stratégiques proposés sont-ils l'instrument adéquat ? » Si les experts se sont montrés globalement satisfaits du renforcement de la subsidiarité, des nuances sur le niveau de cette subsidiarité sont apparues. De plus, les experts se posent de nombreuses questions sur les plans stratégiques qui vont être demandés aux États membres.
Poudre de lait, sucre, porc
Les ministres des Vingt-huit feront également le point sur la situation des marchés. Cet échange de vues sera l’occasion pour la Belgique et la France d’appeler à des solutions pour réduire le niveau des stocks publics de lait écrémé en poudre tout en évitant des répercussions négatives sur les prix des produits laitiers. Les experts du CSA ont donné, le 22 janvier, leur feu vert au règlement proposé par la Commission européenne de porter à zéro pour 2018 le plafond des achats à prix fixe dans le cadre de l’intervention publique sur la poudre de lait écrémé, qui entrera en vigueur le 1er mars (EUROPE 11918).
La Pologne, elle, demandera, d’une part, des mesures spéciales de protection et de suivi de la production de sucre dans l’UE (suite à l’abandon des quotas de production au mois de septembre) et, d’autre part, une aide au stockage privé, un soutien financier des producteurs et des restitutions à l’exportation dans le secteur du porc du fait des difficultés provoquées par la peste porcine africaine.
Libre-échange
Par ailleurs, la Commission européenne fournira aux ministres des informations actualisées sur les questions liées au commerce international, notamment les négociations de libre-échange avec le Mercosur. Le 22 janvier, le commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan, a reçu le ministre brésilien de l’Agriculture, Blairo Maggi. Sur ce dossier, si les progrès sont jugés suffisants, une nouvelle réunion à haut niveau entre l’UE et le Mercosur se tiendra les 18 et 19 février à Asuncion (Paraguay), afin de tenter de conclure les pourparlers.
Au déjeuner, les délégations discuteront des modalités de la participation de l’UE à la FAO et du processus à venir pour l’élection du prochain directeur général de cette organisation.
Enfin, en points 'divers', l’Allemagne rendra compte des résultats du 10e Forum mondial de l’alimentation et de l’agriculture qui s’est tenu du 18 au 20 janvier à Berlin sur le thème « Assurer l’avenir de la production animale – de manière durable, responsable et efficace ». La France présentera, pour sa part, les conclusions de la conférence qui a réuni à Paris en décembre les ministres des États membres de l’UE les plus largement touchés par la maladie végétale due à la bactérie Xylella fastidiosa (EUROPE 11917).