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Bulletin Quotidien Europe N° 11948
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ACTION EXTÉRIEURE / Venezuela

Les Européens demandent à Caracas de revenir sur sa décision d’expulser l’ambassadeur espagnol

La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a demandé aux autorités vénézuéliennes, vendredi 26 janvier, de revenir sur leur décision de déclarer l'ambassadeur d'Espagne à Caracas 'persona non grata', car cette décision, que l’UE condamne « fermement », « affecte les relations entre le Venezuela et l'Union ».

Les autorités vénézuéliennes ont décidé d’expulser l’ambassadeur d’Espagne à la suite des sanctions adoptées à l’encontre de sept responsables par l’UE, lundi 22 janvier (EUROPE 11944). L’Espagne a décidé d’expulser l’ambassadeur vénézuélien en représailles.

« L’UE exprime sa totale solidarité avec l’Espagne », a ajouté Mme Mogherini dans une déclaration au nom des Vingt-huit, rappelant que les décisions en matière de politique étrangère étaient prises à l’unanimité.

La Haute Représentante a également regretté que la décision d'organiser des élections présidentielles au Venezuela, prise par l’Assemblée nationale constituante, organe que l'UE ne reconnaît pas, l’ait été en dehors du cadre du dialogue national. « Les élections devraient être fondées sur un calendrier électoral viable, convenu dans le cadre du dialogue national avec tous les acteurs concernés et tous les partis politiques, qui devraient tous assumer leurs responsabilités », a-t-elle estimé. Selon Mme Mogherini, « le respect de conditions égales, équitables et transparentes de participation, y compris la levée des interdictions sur les opposants politiques, une composition équilibrée du Conseil national électoral et l'existence de garanties suffisantes avec une observation internationale indépendante, sont le seul moyen de rétablir la confiance du peuple vénézuélien dans le processus électoral et d’éviter toute polarisation supplémentaire ».

Dans ce contexte, l'UE déplore également la décision de la Cour suprême d'exclure le parti d’opposition Mesa de Unidad Democratica des élections présidentielles, « ce qui constitue une violation nouvelle et grave du principe d'élections équitables », a ajouté la chef de la diplomatie européenne. Le scrutin devrait se tenir avant fin avril 2018.

Mme Mogherini a prévenu que des sanctions supplémentaires pourraient être adoptées. « L'UE se tiendra prête à prendre des mesures appropriées à la lumière des développements et continuera à utiliser tous ses instruments pour favoriser des solutions démocratiques partagées qui puissent apporter la stabilité politique et permettre au pays de répondre aux besoins pressants de sa population », a-t-elle expliqué. La déclaration des Vingt-huit réitère ainsi la nécessité d'une solution négociée et pacifique à la crise. Une solution qui sera fondée sur des élections crédibles, la reconnaissance et le respect du rôle et de l'indépendance de toutes les institutions démocratiquement élues, notamment l'Assemblée nationale, la libération de tous les prisonniers politiques et le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales, a précisé la Haute Représentante. (Camille-Cerise Gessant)

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