Le négociateur en chef du Royaume-Uni sur le Brexit, David Davis, a vanté les mérites, tant pour son pays que pour l'Union européenne, d'une période de transition post-Brexit « strictement limitée dans le temps », qui permettra aux deux partenaires de déterminer et d'organiser leurs relations futures après 2020, vendredi 26 janvier lors d'un discours à Teesport dans le nord-est de l'Angleterre.
Sans une telle période, les entreprises retarderont leurs décisions d'investissement ou prendront des mesures hâtives de précaution face à la perspective d'un Brexit sans accord sur les relations futures, a estimé le ministre britannique.
En revanche, une période de transition, que les Vingt-sept envisagent jusqu'à fin 2020 (voir autre nouvelle), permettra aux entreprises britanniques de se préparer graduellement à de nouvelles conditions d'échange avec le continent tout en conservant l'accès au marché intérieur et l'appartenance à l'union douanière.
M. Davis a reconnu qu'en contrepartie, la législation européenne, qui sera aussi celle du Royaume-Uni au moment de sa sortie de l'UE, ainsi que la jurisprudence de la Cour continueront de s'appliquer sur le territoire britannique. Londres honorera aussi ses engagements financiers, a-t-il promis. Il a néanmoins relevé que des discussions devaient s'engager sur le sort à réserver aux textes législatifs européens élaborés après le Brexit et qui seraient contraires aux intérêts britanniques.
Pendant cette période de transition qui sera fixée lors du sommet européen de mars, le Royaume-Uni sera toujours partie aux accords internationaux qu'il a souscrits dans les domaines aérien, commercial et en matière de sécurité. Le négociateur britannique a aussi souligné que le Royaume-Uni mettra à profit ce délai pour négocier et signer des accords commerciaux avec des pays tiers, qui ne s'appliqueront toutefois qu'après la période de transition. Il a vanté la capacité retrouvée de son pays à négocier seul, « pour la première fois depuis 40 ans », des accords commerciaux avec des économies au fort potentiel de croissance telles que la Chine et le Brésil. Et de promettre l'engagement de son pays en faveur de normes internationales élevées.
Cette période de transition est donc, pour M. Davis, « un pont vers les futures relations » du Royaume-Uni avec l'UE, qui ne prévoiront pas d'accès au marché unique ni d'union douanière, et avec le reste du monde. (Mathieu Bion)