Profiter des conditions économiques favorables actuelles pour s’attaquer plus agressivement à la réduction des créances bancaires douteuses (‘non performing loans’ ou NPL) : c’est le message qu’a adressé la présidente du Comité unique de supervision de la Banque centrale européenne (BCE), Danièle Nouy, aux membres de la Fédération bancaire européenne, mercredi 24 janvier à Francfort.
Si tout le monde s’accorde sur la nécessité de ramener les taux de NPL à des niveaux plus bas, elle a néanmoins fait part d’une certaine « résistance » face à une réduction trop rapide. Les États membres ne sont, en effet, pas d’accord quant à la cadence à adopter (EUROPE 11945), certains estimant que cela pourrait nuire à la reprise économique.
Pour elle, un tel argument se résume à dire que ce n’est donc pas le bon moment pour entreprendre ce chantier. « Si ce n’est pas maintenant, quand alors », a-t-elle demandé. Et de prévenir : « L'économie se porte très bien maintenant, mais cela ne durera pas éternellement. » Selon elle, si les banques ne s’attaquent pas au problème maintenant, elles conserveront un taux élevé de NPL lors du prochain ralentissement économique et leur gestion deviendra encore plus difficile.
Addendum. Par ailleurs, résoudre les problèmes du passé ('legacy assets') ne constitue, selon Mme Nouy, qu’une partie de la solution et il faut empêcher la formation de nouveaux stocks de NPL à l’avenir. C’est justement l’esprit du fameux projet d’addendum aux lignes directrices de la BCE, qui fixe des exigences en matière de provisionnement pour les prêts nouvellement classés comme non performants à compter du 1er janvier 2018, a-t-elle rappelé.
Elle a d'ailleurs indiqué que tous les commentaires et avis juridiques reçus dans le cadre de la consultation publique, qui s’est clôturée fin décembre, seront pris en compte. « Nous modifierons l'addendum en conséquence », a-t-elle assuré. Pour répondre aux nombreuses critiques et interprétations estimant que la BCE fixait des règles automatiques et applicables à toutes les banques qui outrepassaient son mandat (EUROPE 11899), l'institut monétaire envisage en outre de changer la date d’application des nouvelles règles ainsi que de clarifier le concept de ‘mesures de pilier II’ dans lequel elles s'inscrivent.
L'addendum sera finalisé au premier trimestre 2018, a annoncé Mme Nouy, invitant les banques européennes à d'ores et déjà se préparer à son application. (Marion Fontana)