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Bulletin Quotidien Europe N° 11946
POLITIQUES SECTORIELLES / Espace

M. Wörner souhaiterait une augmentation du budget de l’ESA lors du Conseil ministériel de 2019

Le directeur général de l’Agence spatiale européenne (ESA), Jan Wörner, a dit vouloir demander, lors du prochain Conseil ministériel de 2019 de l’ESA, une augmentation des financements afin de continuer les activités en cours et en introduire de nouvelles, notamment dans la sécurité et la sûreté spatiale ('space safety and space security'), lors d’un échange avec EUROPE en marge de la 10e conférence sur la politique spatiale européenne, mardi 23 janvier.

Le directeur général a ainsi indiqué qu’en 2019, il sera important de garantir la continuité des programmes spatiaux liés à l’observation spatiale, la navigation et la télécommunication, mais aussi d’introduire dans le cadre de cette continuité des « solutions de rupture » (‘disruptive solutions’), citant l’intrication quantique (‘quantum entanglement’) ou encore l’intelligence artificielle. Il a expliqué qu’il fallait réfléchir aussi à l’évolution des programmes Copernicus et de Galileo.

Surtout, M. Wörner a insisté sur la sécurité et la sûreté spatiale, citant notamment les débris spatiaux qui peuvent endommager les satellites. Durant sa présentation faite à Paris, le 17 janvier dernier, le directeur général avait longuement présenté la question de la gestion du risque, en parlant des débris spatiaux, mais aussi des géocroiseurs (EUROPE 11943). Lors de l'entretien, M. Wörner a insisté de nouveau sur le risque qu’un géocroiseur s'écrase sur la Terre à l’avenir, rappelant qu’il existait environ 170 impacts de cratère sur le globe, et considère qu’il est nécessaire de mieux les surveiller et surtout de développer un système pour dévier les géocroiseurs, à l’image d’un « billard de l’espace », selon ses termes.

Or, à la question de savoir si cela pourrait avoir des conséquences, la réponse de M. Wörner est claire : « Oui, je vais demander des financements supplémentaires, en particulier pour la sécurité et la sûreté spatiales. » Quant à l’augmentation du budget envisagé, aucun chiffrage précis de cette augmentation n’a été donné par M. Wörner.

L’impact du ‘New Space. Le directeur général a reconnu que l’essor d’acteurs privés, mais aussi de nouvelles nations spatiales (en référence certainement à la Chine et à l’Inde) a une incidence sur le rôle de l’agence, qui travaille de plus en plus sur des projets menés par l’industrie, et sur les processus décisionnels et internes, avec l’intervention d’acteurs extérieurs à l’agence.

Une « agence unifiée » de l’Europe, mais sur le très long terme. À la question de savoir si l’ESA pouvait devenir à terme une agence à part entière, M. Wörner a expliqué qu’une « agence unifiée » de l’Europe pourrait voir le jour « sur le long terme », mais à la condition de voir émerger des « États-Unis d’Europe » (‘United States of Europe’). « Mais on n'en est pas là pour l’instant » a-t-il rajouté, affirmant qu’une « fusion de l’ESA dans l’Union européenne n’était pas sur la table ».

Lanceur réutilisable versus recyclable. M. Wörner a expliqué que la question du développement de lanceurs réutilisables européens n'était pas encore tranchée, même si cette option était sur la table, notamment pour ses avantages environnementaux par rapport aux lanceurs à usage unique. À ses yeux, il faut ne pas perdre de vue qu'on n'est pas en situation d'un marché de masse (pour l'Europe, le marché représente une vingtaine de lancements par an), et qu'il ne fallait pas exclure de recycler les lanceurs après utilisation ou encore les lanceurs à usage unique. (Pascal Hansens)

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