La Commission européenne a publié, mercredi 24 janvier, son rapport sur les progrès accomplis en 2017 dans la mise en place d’une Union de la sécurité. Le rapport, d’une dizaine de pages, recense les actions européennes menées dans plusieurs domaines prioritaires tels que la radicalisation, la cybersécurité, l'échange d'informations, le financement du terrorisme, la recherche, la sûreté aérienne ou encore la dimension extérieure.
« Cette approche globale donne des résultats, mais nous devons garder le rythme », a déclaré le commissaire européen chargé de l’Union de la sécurité, Julian King, dans un communiqué. Pour son homologue aux Affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos, « la lutte contre la propagande terroriste en ligne reste un domaine qui requiert une action d'urgence ».
La Commission souhaite en effet que les plates-formes en ligne redoublent d'efforts pour supprimer les contenus terroristes le plus rapidement possible. Elle envisage actuellement des mesures plus spécifiques pour améliorer les ripostes face à ce type de contenus, avant de décider s'il y a lieu de légiférer, explique le rapport. « Toutes les options demeurent sur la table », a ajouté M. Avramopoulos. La Commission travaille, par ailleurs, sur de nouveaux moyens de suivre les progrès grâce à des indicateurs spécifiques.
En matière de cybersécurité, la Commission poursuit la mise en œuvre de sa stratégie adoptée en septembre 2017, en mettant en place un réseau de centres de compétence en cybersécurité et un centre européen de recherche et de compétences en cybersécurité. La création de ce réseau sera soutenue par un projet pilote d'un montant de 50 millions d'euros, mené dans le cadre du programme 'Horizon 2020', au cours du premier trimestre 2018 (EUROPE 11945).
La Commission accordera également un montant supplémentaire de 5 millions d'euros pour renforcer les capacités de déchiffrement dont Europol dispose, afin d'épauler les services répressifs dans les enquêtes pénales.
En ce qui concerne la protection des espaces publics, la Commission estime que la coopération s'est intensifiée entre, d'une part, les exploitants privés (plates-formes de transport, stades, centres commerciaux) et les autorités locales et régionales. Elle prévoit de publier, avant la fin du mois, une boîte à outils sur la sécurité pour fournir des conseils aux chauffeurs routiers et aux transporteurs européens qui pourraient faire face à d'éventuelles menaces terroristes. Cet outil devrait être rapidement complété par un portail en ligne où tous les acteurs concernés pourront partager leurs meilleures pratiques.
Enfin, en matière d'interopérabilité des systèmes d'échange d'informations, la Commission européenne presse les institutions colégislatrices de parvenir, dans les prochaines semaines, à un accord sur deux dossiers clés : le système européen d'information et d'autorisation concernant les voyages (ETIAS) (EUROPE 11943) et sur les propositions visant à renforcer le système d'information Schengen (SIS) (EUROPE 11924).
Le rapport est disponible à l’adresse suivante : http://bit.ly/2Dyouc7 . (Marion Fontana)