Si la politique européenne de développement conserve l’éradication de la pauvreté comme objectif premier et ambitionne de s’aligner sur les objectifs universels de développement durable, le budget de l’UE post-2020 doit refléter cette double exigence, ont fait valoir les députés membres de la commission du développement du Parlement européen, mercredi 24 janvier à Bruxelles.
Ils se prononçaient pour avis sur le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) post-2020 et c’est à une large majorité (17 voix pour, 2 contre et 2 abstentions) qu’ils ont suivi les préconisations de Paul Rübig (PPE, autrichien), en guise de contribution à la position que prépare le Parlement européen (voir autre nouvelle).
Pour placer la mise en œuvre des objectifs de développement durable au cœur du CFP, les députés préconisent que le prochain budget de l’UE poursuive des objectifs de long terme comme l’éradication de la pauvreté, la promotion de la démocratie, l’État de droit et des droits de l’homme. L’accent devrait aussi être mis sur la santé, l’alimentation, l’éducation, l’eau et l’assainissement, l’énergie, l’industrie, l’innovation et l’infrastructure, et la gouvernance.
Les députés insistent sur la nécessité que l’UE honore ses engagements financiers envers les pays les moins avancés.
Les pertes de fonds en faveur de la coopération au développement de l’Union qui résulteraient du Brexit (soit 2,7 millions d’euros) devraient, selon eux, être compensées.
Budgétisation du FED. Les députés plaident pour l’intégration du Fonds européen de développement (FED) et des autres instruments de développement dans le budget de l’UE, dans le contexte d’une augmentation globale du montant total de l’aide publique au développement (APD) géré par l’Union.
Ils préconisent d’allouer 20 % de l’APD de l’UE à l’inclusion sociale et au développement humain.
Ils suggèrent aussi que le prochain CFP tienne compte des besoins sans précédent en aide humanitaire engendrés par des catastrophes, ce qui exige, selon eux, de prévoir une réserve plus importante pour l’aide d’urgence et des projets favorisant la résilience dans les pays partenaires.
Pas trop de fonds fiduciaires. Les députés préconisent d'éviter la prolifération des fonds fiduciaires qui pourrait saper l’unité du budget et mettre en péril la transparence et la responsabilité de l’aide. Le représentant de la Commission a précisé aux députés que, ces dernières années, « quatre fonds fiduciaires seulement » avaient été créés. L’eurodéputé luxembourgeois Charles Goerens (ADLE) a rétorqué qu’il ne fustigeait pas tant les fonds fiduciaires eux-mêmes, que les promesses de financement non tenues par les États membres. « Mieux vaut agir par le biais du budget, alors », a-t-il lancé. (Aminata Niang)