Les commissions 'commerce international' et 'droits des femmes' du Parlement européen ont adopté par 45 voix contre 4 et 5 absentions, lors d'un vote conjoint, mercredi 24 janvier, un projet de résolution préparé par deux députées du groupe GUE/NGL, la Suédoise Malin Björk et l'Italienne Eleonora Forenza, visant à inclure dans les accords commerciaux de l'UE des dispositions pour renforcer l'égalité des genres et promouvoir les droits des femmes.
L'examen des accords commerciaux de l'UE actuels montre que seulement un accord sur cinq mentionne les droits des femmes et deux sur cinq contiennent des références visant à promouvoir l'égalité des genres, souligne le projet de résolution.
Les députés invitent donc la Commission et le Conseil à promouvoir et soutenir l'inclusion d'un chapitre consacré au genre dans tous les futurs accords commerciaux de l'UE et des dispositions visant à assurer le respect des droits de l'homme incluant l'égalité des genres.
Les inégalités entre les hommes et les femmes se caractérisent notamment par le fait que les secondes sont plus susceptibles que les premiers de travailler dans des emplois peu rémunérés ou de statut inférieur, ce qui entraîne parfois des discriminations, des écarts de salaire entre les sexes et de pires conditions de travail, souligne le projet de résolution.
Les députés plaident aussi pour l'autonomisation des femmes dans les accords commerciaux de l'UE sur la base des normes internationales telles que la plate-forme d'action de Pékin sous l'égide de l'ONU, les objectifs du développement durable et la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW).
En outre, ils demandent des mesures spécifiques pour lutter contre l'exploitation et améliorer les conditions de vie et de travail des femmes dans les industries orientées vers l'exportation - telles que l'habillement, la fabrication textile et le secteur agricole - et pour éviter que la libéralisation du commerce ne contribue à la précarité des droits du travail et à l'aggravation des écarts salariaux hommes/femmes.
Enfin, les députés prônent l'exclusion des services d'intérêt public et économique général - tels que la sécurité sociale, l'éducation, les transports publics et les soins de santé - du champ des négociations commerciales et ils demandent qu'ils relèvent de la compétence des gouvernements.
« Jusqu'à présent, le commerce international n'a pas prêté attention à l'égalité des genres et aux droits des femmes. Il ne suffit pas de dire qu'on veut inclure une perspective de genre, il faut aussi avoir un plan concret », commente Mme Björk.
« Les droits de l'homme ne sont pas une barrière non-tarifaire et ils ne peuvent être ignorés au nom du profit. Nous voulons donner une perspective sexospécifique dans le cadre d'une politique commerciale de l'UE jusqu'ici aveugle aux questions de genre », souligne Mme Forenza.
Le Parlement européen dans son ensemble examinera leur projet de résolution lors de la session plénière de mars à Strasbourg. (Emmanuel Hagry)