L'UE n'exclut pas un prolongement, début 2018, de ses négociations pour un accord de libre-échange avec le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), mais avec l'objectif de sceller un accord de principe avant l'éventuelle démission, en mars, du gouvernement en fonction au Brésil en vue des élections générales dans le pays en octobre, nous a confirmé une source à la Commission, jeudi 7 décembre.
« Nous pensons parvenir (à conclure les négociations) sinon à la fin de l'année, en début d'année prochaine, parce que nous nous sommes beaucoup investis. Si cela traîne jusqu'en janvier ou début février, ce n'est pas un drame », avait concédé la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, le 5 décembre.
Selon la loi brésilienne, « tous ceux qui se présentent aux élections doivent démissionner six mois avant, ce qui signifie que, fin mars, il n'y aura plus de gouvernement », avait-elle expliqué.
Il y aura des réunions bilatérales entre Européens et Latino-Américains en marge de la conférence ministérielle de l'OMC, du 10 au 13 décembre à Buenos Aires, et « éventuellement une annonce sur le point où nous en sommes », avait-elle par ailleurs précisé.
Au plan technique, les pourparlers UE/Mercosur sont dans une phase cruciale. Le sixième cycle (depuis leur reprise en octobre 2016) de négociations, entamé le 29 novembre et qui devait s'achever vendredi 8 décembre, devait donner lieu à un échange d'offres améliorées sur l'accès au marché (marchandises, services et marchés publics) le 4 décembre.
La dernière offre améliorée de l'UE, présentée par la Commission aux États membres fin novembre avant ce sixième round, qu'EUROPE a pu consulter, n'augmente pas les concessions déjà offertes sur la viande bovine ou l'éthanol, mais elle ouvre un contingent pour les importations de sucre.
Selon un document daté du 23 novembre, l’offre révisée de l'UE prévoit des contingents tarifaires d’importation (tariff rate quotas) pour les produits agricoles sensibles incluant : 70 000 tonnes de bœuf ; 600 000 tonnes d'éthanol ; 100 000 tonnes de sucre destinées au raffinage et 2 000 tonnes d’autres sucres.
La Commission n'exclut toutefois pas une amélioration de l'offre de l'UE pour le bœuf et l'éthanol dans la phase finale pour boucler un accord de principe, nous a confié une source. (Emmanuel Hagry)