Les députés européens ont adopté (506 voix pour, 103 contre, 77 abstentions), mardi 14 novembre à Strasbourg, un rapport d’initiative, porté par Iratxe García Pérez (S&D, espagnole), dans lequel ils demandent d’utiliser au mieux les fonds structurels et d’investissement (fonds ESI) pour contrer les changements démographiques et le dépeuplement de certaines régions.
« 80% de la population européenne vit sur 20% de la surface de notre Europe, cela signifie que nous avons des zones rurales très étendues avec des processus de dépeuplement qui sont vraiment inquiétants », avait déclaré le rapporteur la veille, lors d’un débat sur son texte. Pour Mme García Pérez, il est nécessaire de s’attaquer à ces enjeux maintenant, alors que les négociations sur l’avenir de la politique de cohésion s’ouvrent.
Dans le texte, les députés européens insistent ainsi sur l’établissement d’un cadre juridique clair qui définisse les territoires souffrant d’un processus de dépeuplement et appellent à la création de lignes budgétaires dans tous les fonds structurels et d’investissement pour aider ces régions ainsi que dans la Politique agricole commune (PAC). Ils précisent en outre que le PIB ne peut être le seul indicateur à être pris en compte pour attribuer les fonds européens et demandent l’introduction d’indicateurs socio-économiques et environnementaux qui mesuraient le capital social, l’espérance de vie et la qualité de l’environnement.
Ils demandent ainsi à la Commission d’inclure une initiative phare en matière de démographie, qui serait financée par les fonds ESI, qui se déclinerait autour de trois axes : la croissance intelligente, la croissance inclusive pour notamment encourager les jeunes à rester dans leur région et encourager l’intégration sociale des migrants et des réfugiés et, enfin, la croissance durable pour soutenir ces régions en cours de dépeuplement afin qu'elles investissent dans l’économie verte et notamment des transports durables.
Mme Crețu met en garde face à une surcharge de conditions. La commissaire à la Politique régionale, Corina Crețu, a reconnu devant les députés le problème démographique de certaines régions et a reconnu qu’il ne pouvait y avoir une approche unique pour toutes les régions. Toutefois, la commissaire a mis en garde contre le risque d’introduire trop de conditions dans le cadre des attributions de fonds européens. (Pascal Hansens)