Le cinquième round (depuis leur reprise en octobre 2016) des négociations pour un accord de libre-échange entre l'UE et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), du 6 au 10 novembre à Brasilia, a permis de réaliser des « progrès substantiels » vers un accord dans tous les domaines couverts et de baliser le terrain pour un troisième échange d'offres en matière d'accès au marché, a résumé la Commission européenne, dans un communiqué publié lundi 13 novembre.
Des progrès sont enregistrés dans les principaux textes consolidés (incluant les marchandises, les services, les marchés publics, les questions sanitaires et phytosanitaires, la propriété intellectuelle, les indications géographiques, le commerce et le développement durable, les PME, les obstacles techniques au commerce, le règlement des différends et d'autres dispositions horizontales, assure la Commission.
En outre, les négociateurs ont préparé le terrain pour un échange d'offres améliorées en matière d'accès au marché (couvrant les marchandises, les services et les marchés publics).
À l'issue de ce round, les négociateurs au plan technique ont confirmé leur engagement à conclure « avant fin 2017 » un accord « bénéfique pour tous ». Le prochain round se tiendra à Bruxelles entre la dernière semaine de novembre et la première semaine de décembre.
En marge du cinquième round, les négociateurs européens et sud-américains ont rencontré des représentants du forum consultatif économique et social du Mercosur et du Comité économique et social européen, qui réunissent des représentants des syndicats, des employeurs et de la société civile.
En outre, les travaux au plan technique ont été appuyés par la tournée en Argentine et au Brésil, en fin de semaine dernière, du vice-président de la Commission chargé du pôle économique, Jyrki Katainen, afin de préparer la phase finale des négociations.
À l'issue d'une rencontre avec le président brésilien, Michel Temer, vendredi 10 novembre, M. Katainen a assuré que les deux parties étaient « à deux doigts » » de boucler un accord de principe.
Au niveau politique, dirigeants de l'UE et du Mercosur ne cachent pas leur espoir de parvenir à un accord avant les élections générales au Brésil en octobre 2018.
Du côté sud-américain, on assure que les deux parties s'activent pour parvenir à un accord politique en marge de la conférence ministérielle de l'OMC, du 10 au 13 décembre à Buenos Aires.
À l'issue d'une réunion des ministres du Commerce de l'UE, vendredi, la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, s'est targuée d'un « fort soutien » politique au Conseil pour mener à bien ces pourparlers, jugeant « réaliste » la possibilité d'y parvenir d'ici fin 2017.
S'exprimant devant la presse, lundi 13 novembre, M. Katainen a assuré que la France serait un des principaux bénéficiaires d'un accord commercial UE/Mercosur.
« Selon nos calculs, la France serait l'un des plus grands bénéficiaires d'un accord, qui donnerait des opportunités à son industrie et son secteur agricole », a assuré M. Katainen.
« Nous comprenons parfaitement cette question (les inquiétudes de la France concernant les concessions de l'UE en matière de bœuf et d'éthanol : NDLR) et nous devons trouver une solution », a-t-il ajouté, soulignant qu'il était « trop tôt » pour définir des mesures précises de compensation.
« Tout le monde dit que le 'timing' est très important car l'an prochain, le Brésil sera occupé par ses élections et il sera difficile de continuer les négociations », a-t-il conclu.
Lors de l'échange des offres révisées en matière d'accès au marché pour les biens, les services et les marchés publics intervenu en octobre, l'UE a mis dans la balance l'ouverture de quotas tarifaires d'importation de 70 000 tonnes pour le bœuf et de 600 000 tonnes d'éthanol.
Cette offre, qui inquiète, France en tête, une douzaine d'État membres (également préoccupés pour le traitement réservé à d'autres produits sensibles comme la volaille, le sucre et le miel) n'avait toutefois pas répondu aux attentes du Mercosur, qui juge ces quotas inférieurs à ceux proposés au début des négociations, en 2004, de 100 000 tonnes de viande bovine et un million de tonnes d'éthanol.
La partie européenne, de son côté, avait jugé insuffisante l'offre révisée sud-américaine en ce qui concerne l'accès aux marchés publics (EUROPE 11903). (Emmanuel Hagry)