Les dirigeants du G20 doivent avoir à l’esprit le scandale des dettes cachées au Mozambique, pays dont les autorités ont dissimulé 2 milliards de dollars d’emprunts levés avec garantie d’État pour l’achat secret d’armement, a averti, Eurodad, le réseau européen sur la dette et le développement, mardi 4 juillet.
Cet avertissement est lancé en amont du sommet du G20 de Hambourg (7-8 juillet) qui, comme l’espère la chancelière Angela Merkel, lancera un nouveau partenariat avec l’Afrique, qui stimule de nouvelles initiatives d’investissements privés sur le continent au service de l'emploi et du développement durable (EUROPE 11821).
« Le scandale du Mozambique montre au grand jour que le fait de mélanger financements privés et aide au développement est extrêmement risqué. Les dirigeants du G20 doivent s’assurer que, pour toute initiative de financement pour l’Afrique, les résultats en termes de développement passent avant les profits », déclare Bodo Ellmers, directeur au sein d'Eurodad, dans un communiqué.
Ce scandale, qui a éclaté en 2013, a conduit un pays africain fortement dépendant de l’aide internationale à l’effondrement financier, les prêts consentis par le Crédit suisse et la banque russe VTB Capital étant en souffrance.
Le rapport Kroll réalisé par des auditeurs internationaux confirme qu’en violation de ses propres lois, le gouvernement du Mozambique a garanti les prêts – soit-disant pour financer un programme de protection côtière et de surveillance navale – et qu’une partie colossale de ces montants s’est volatilisée, souligne Eurodad.
« Nous demandons en outre au G20 de promouvoir la mise en place d’un mécanisme de renégociation de la dette souveraine, équitable et complet, pour des pays comme le Mozambique. Cette situation n’est pas uniquement imputable aux autorités mozambicaines impliquées. Les banques qui ont consenti ces prêts irresponsables doivent aussi assumer leur part de responsabilité », précise M. Ellmers.
Les ONG du réseau Eurodad appellent aussi à la publication immédiate et intégrale du rapport d’audit Kroll pour pouvoir établir qui a profité de cette opération douteuse. (Aminata Niang)