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Bulletin Quotidien Europe N° 11822
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Commission

Les eurodéputés sont divisés sur les actions prioritaires pour 2018

Les eurodéputés se sont montrés partagés, mardi 4 juillet à Strasbourg, sur les initiatives que la Commission européenne devrait prendre en 2018 pour relever les défis notamment économiques et en matière de migration.  

Les recommandations du PE sur les priorités du programme de travail de la Commission pour 2018 seront votées mercredi dans une résolution commune à plusieurs groupes politiques. La Commission présentera le 24 octobre son programme de travail 2018.

Le premier vice-président de la Commission, Frans Timmermans, a estimé que le dialogue structuré entre le PE et la Commission « fonctionne bien ». « À mi-chemin de son mandat, cette Commission produit des résultats », a-t-il estimé. Selon lui, il faut se concentrer sur les grands enjeux où une action européenne efficace peut faire toute la différence. « Nous devons trouver des solutions nouvelles pour réagir » à la crise migratoire et à ce qui se passe en Italie (voir autre nouvelle), a souligné M. Timmermans, qui espère des progrès aussi sur le socle social européen, le programme sécuritaire et le Fonds européen de la Défense. En automne prochain, de nouvelles mesures seront proposées pour lutter contre l’évasion et la fraude fiscale ainsi que sur l’économie circulaire (les plastiques). Le 13 septembre, le président Juncker prononcera son discours sur l’État de l’Union. « 2018 sera une année clé pour les résultats et les citoyens pourront juger par eux-mêmes si l'UE a répondu à leurs attentes » a conclu M. Timmermans. 

József Szájer (PPE, hongrois) a souligné que la crise n’était pas encore surmontée, convaincu qu'une économie de marché ouverte et compétitive est cruciale pour l’UE. Parmi les priorités du groupe, il a cité : - l’amélioration de l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle ; - la compétitivité industrielle et des PME ; - le marché unique numérique ; - la lutte contre les racines profondes des migrations ; - la simplification de la politique de cohésion. 

Réforme du système de l'asile. Maria João Rodrigues (S&D, portugaise) a critiqué les partis de droite (PPE, CRE, ADLE) qui avaient déposé une résolution commune « très conservatrice » sur le programme de travail de la Commission. Or, selon elle, seules les forces progressistes peuvent apporter aux citoyens une nouvelle stratégie pour l’emploi fondée sur des objectifs de développement durable. « Il faut un  pilier social robuste et il faut investir dans la jeunesse », a souligné Maria João Rodrigues. Son groupe présentera donc une proposition de résolution alternative. Elle a plaidé pour une réforme de la politique d’asile européenne.

L’Europe solidaire, une utopie ? Laura Agea (ELDD, italienne) a aussi demandé de réformer le règlement dit de Dublin sur l'asile. Elle a estimé par ailleurs que l’Italie passait pour l’idiot de la classe. « C’est une honte que les banques s’effondrent et que le gouvernement soit le symbole d’un projet européen en faillite », a-t-elle lancé. Elle a estimé que l’Europe solidaire n’était qu’une utopie. « Nous allons fermer les ports pour stopper l’invasion », a scandé Mara Bizzoto (ENL, italienne).

Il faut faire des réformes et les défis économiques sont énormes, a lancé Anthea McIntyre (CRE, britannique), qui a évoqué aussi le taux de chômage élevé et la stagnation du pouvoir d’achat des ménages dans l’UE.

Sophie in 't Veld (ADLE, néerlandaise) a déploré l’absence du Conseil dans ce débat. Elle a estimé que la Commission et le PE étaient sur la même longueur d’onde dans ce débat alors que les États membres n’appliquent pas les législations décidées telles que le système d'enregistrement des passagers aériens (‘Passenger Name Record’). Pour nous, l’Europe sociale, c’est de donner la chance aux jeunes de trouver des emplois.

Dimitrios Papadimoulis (GUE/NGL, grec) a prôné de profondes réformes pour rendre l’Europe plus démocratique. Mettre un terme au 'dumping social' et aux politiques d’austérité est une priorité de ce groupe, qui demande aussi un renforcement des mesures pour lutter contre l’évasion fiscale.

Philippe Lamberts (Verts/ALE, belge) a fustigé l’immobilisme de la Commission face aux crises. Il lui a reproché de vouloir « déréguler » et de conclure des accords de libre-échange taillés sur mesure pour les multinationales. Il a critiqué aussi l’opposition de la Commission à toute augmentation des fonds propres des banques, alors qu’en Italie, les contribuables sont encore appelés à mettre la main au portefeuille pour sauver ces mêmes banques. (Lionel Changeur, avec Camille-Cerise Gessant)

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